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dimanche, juillet 3, 2022

Santé sexuelle : quand l’intelligence artificielle vous répond

Elle ne réalise pas encore nos fantasmes. Il n’empêche. L’intelligence artificielle (IA) entre tout de même dans notre intimité. Depuis le mois de janvier, par le biais d’une application nommée Sacha, elle répond aux questions des Français sur la contraception, les infections sexuellement transmissibles (IST) ou encore les relations intimes forcées. « Petit ou gros tracas, Sacha apporte une réponse, tout en respectant l’anonymat. Il ne laisse pas les utilisateurs dans la difficulté, assure Jérôme André, directeur de l’association HF prévention, qui porte le projet avec Publicis et le laboratoire Gilead.  

Lancé discrètement en début d’année, l’outil a passé avec succès sa période de rodage. « Nous avons comptabilisé 12 000 conversations. C’est plus que ce que nous avions imaginé », confie le dirigeant. Certes, ses réponses ne sont pas encore parfaites. Il « sèche » dans 0,08% des cas. Inutile, par exemple, de lui demander comment nettoyer un vibromasseur : il vous renverrait vers le moteur de recherche Google. Cependant, ses connaissances – qui reposent sur une base de données constituée de 100 000 échanges en tête à tête -, réparties en 800 thématiques, progressent de mois en mois. Et elles suffisent déjà pour traiter la majorité des problèmes du quotidien, qu’il s’agisse d’accidents de préservatif – de loin les plus fréquents – ou de la consommation de drogue pendant l’acte sexuel (chemsex).  

Un détecteur d’émotions

« C’est le premier outil de ce genre, assure Aurélien Serra, responsable technique chez Prodigious, l’agence ayant conçu l’application. Google et Apple ont fourni la technologie de reconnaissance du langage. Nous y avons greffé le champ lexical lié à la santé sexuelle. Sacha prend aussi en charge l’argot ou le langage soutenu et il adapte ses réponses en conséquence. » Plus impressionnant encore, le programme détecte les émotions des utilisateurs grâce au vocabulaire qu’ils utilisent ou à l’intonation de leur voix. Une surveillance bien intentionnée : « En cas de violence conjugale, nous allons orienter l’utilisateur vers un support psychologique ou le commissariat le plus proche, plutôt que vers le médecin traitant », justifie Aurélien Serra.  

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« Sur cette appli, on parle essentiellement de bien-être, de mal-être et de consentement. Mais l’objectif final, c’est l’orientation vers des associations ou des acteurs de la santé », précise Stéphanie Esteve-Terré, psychologue sociale. Car sur le terrain le lien ne se fait pas forcément. Il existe par exemple des pharmaciens empreints de jugements, qui ne veulent pas délivrer la pilule à des mineures. Grâce à l’appli, ces dernières peuvent savoir qu’elles y ont droit. Sacha peut aussi faciliter les choses en matière de dépistage. Avec la pandémie de Covid-19 et le confinement, le nombre de tests concernant les IST et le VIH a fortement diminué. « Aujourd’hui, il est possible de se rendre dans n’importe quel laboratoire sans ordonnance afin d’en effectuer un, mais personne ne le sait », déplore Stéphanie Esteve-Terré. Un comité scientifique évaluera la pertinence de l’outil, prévient Jérôme André. Mais, l’expert en est déjà persuadé, Sacha trouvera vite sa place dans notre quotidien. 

Opinions

Edito

Eric Chol

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Chronique

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