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lundi, mai 16, 2022

Défense spatiale, souveraineté européenne… Macron-Le Pen, un duel qui passe par le firmament

A quelques mois près, le spatial français et l’élection du président de la République au suffrage universel direct ont le même âge : 60 ans. A l’origine, on trouve aussi le même homme : le général de Gaulle. Peut-être est-ce sa vision qui fait que d’alternance en alternance, tous les présidents qui se sont succédé à l’Elysée ont soutenu une politique spatiale de continuité, qu’ils se réclament du gaullisme ou non. 

En conséquence, le spatial est rarement discriminant entre les candidats à la magistrature suprême. Tous ont tendance à se rejoindre pour la poursuite des activités. Les principales différences se trouvent dans les nuances et la place qu’ils lui accordent dans leur programme. 

Cette année, le président sortant peut afficher un bilan conséquent. Emmanuel Macron restera comme celui qui a extrait le secteur spatial de sa niche ministérielle entre Recherche et Défense, en le plaçant sous la tutelle de Bercy pour en renforcer les aspects industriels. Cela permet de discuter sur un pied d’égalité avec le coordinateur allemand de la politique aérospatiale, dépendant lui aussi du même ministère. C’est ce qui a aidé à négocier pied à pied avec Berlin et Rome sur l’avenir des familles de lanceur Ariane 6 et Vega et d’endiguer la poussée allemande sur les microlanceurs. 

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Macron et l’idée de souveraineté spatiale européenne

Auparavant, en juillet 2019, Florence Parly, ministre des Armées, avait présenté la première stratégie spatiale de défense française avec la création d’un grand commandement de l’espace (CDE), en cours d’installation à Toulouse. 

Le 16 février, dans le cadre de la présidence française de l’Union européenne, Emmanuel Macron était venu à Toulouse lors d’un sommet spatial réunissant les Vingt-Sept sous la présidence de Bruno Le Maire. A l’ordre du jour : le coup d’envoi politique au projet de constellation pour les télécommunications sécurisées européennes de Thierry Breton, le renforcement de l’infrastructure européenne de surveillance de l’espace en vue du contrôle du trafic orbital, d’autre part.  

Il avait même entrepris une réflexion européenne sur la possibilité d’une capacité autonome d’envoyer nos astronautes dans l’espace. Bref, il avait posé le cadre d’une souveraineté spatiale européenne, très « gaullienne » dans l’esprit, pour s’assurer que le ciel ne devienne pas l’apanage des seuls Américains et Chinois. 

L’Elysée et Bercy ont également acté le plan de relance post-Covid-19 et le plan d’investissement France 2030, afin de remettre l’industrie sur les rails après la crise. Le spatial y avait ses propres chapitres, pour plus de 2 milliards d’euros, avec le soutien apporté à l’innovation et des initiatives en faveur des start-up du New Space, notamment concernant les lanceurs, l’objectif étant de disposer d’un microlanceur réutilisable avant la fin du prochain quinquennat. 

L’espace, simple outil des autres politiques de Le Pen

Difficile pour Marine Le Pen de rivaliser avec le volontarisme affiché par l’équipe sortante, surtout avec un programme axé vers les classes populaires, souvent peu au fait de ce que leur apporte le spatial au quotidien. Contrairement au traitement particulier que lui avait réservé Jean-Luc Mélenchon, la présidente du Rassemblement national n’en fait qu’un outil de ses autres politiques, principalement dans le domaine de la Défense, où elle est poussée à la surenchère pour réaffirmer une souveraineté française face aux projets européens de son rival, mais ne parvient pas réellement à s’en différencier. 

Dans le cadre de la révision de la loi de programmation militaire, pour donner à la France le plus gros budget de Défense d’Europe, elle met l’accent sur une augmentation des capacités de renseignement spatial et des moyens de les défendre (des mesures déjà citées dans la stratégie actuelle). Elle estime que la France devra disposer de l’ensemble des moyens d’action dans l’espace : satellites, lanceurs réutilisables… et avion spatial ! Par ailleurs, la filière Ariane, liée à la dissuasion, devra être particulièrement soutenue, et son accès aux marchés commerciaux assuré. 

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Et c’est à peu près tout, car l’on cherchera en vain dans les 19 livrets thématiques ou les 22 propositions de la candidate une ébauche de politique industrielle ou de recherche scientifique dans lesquelles pourrait apparaître un volet spatial. Le scrutin du 24 avril ne se jouera donc pas dans l’espace, mais la place de l’espace dans les priorités gouvernementales se jouera peut-être dans les urnes. 

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