24.3 C
Londres
jeudi, août 18, 2022

Covid-19 : vers une quatrième dose pour les plus de 65 ans ?

Pour l’ouverture de la quatrième dose aux plus de 80 ans, le gouvernement ne s’était pas vraiment pressé. Alors que le Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale, présidé par le Pr Alain Fischer, l’avait recommandée dès le 18 février, cette mesure a été annoncée par le Premier ministre Jean Castex seulement le 12 mars. La quatrième dose est donc « ouverte » – sans être obligatoire – aux personnes en Ephad et aux immunodéprimés, en plus des plus de 80 ans. En ira-t-il de même pour l’élargissement du rappel aux plus de 65 ans ? « Le rebond récent de l’épidémie change un peu la donne, il incite à la prudence », confie l’immunologue, qui indique avoir été saisi ces jours-ci de la question par les pouvoirs publics. Son instance doit se réunir dans le courant de la semaine, et devrait se prononcer officiellement au plus tard d’ici à la semaine prochaine. 

Le Conseil scientifique avait déjà plaidé le 14 mars en faveur d’un deuxième rappel pour les plus de 65 ans présentant des facteurs de risque. La Haute autorité de santé a fait de même quelques jours plus tard. A l’appui de leurs avis, des données britanniques, américaines et surtout françaises, pointant une diminution de la protection contre l’infection, mais aussi contre les formes graves, trois mois après la troisième dose. A contrario, notent les experts de la HAS, « les données israéliennes d’efficacité en vie réelle d’un second rappel montrent une réduction du taux d’infections confirmées et de formes graves ».  

Trois options sur la table

Pour autant, de nombreuses questions subsistent encore – à commencer par la durée de protection conférée par cette dose supplémentaire. L’étude réalisée en Israël n’avait en effet que quelques semaines de recul. Autrement dit, apporte-t-elle réellement un bénéfice ? « Idéalement, pour répondre, il faudrait disposer des données d’efficacité en fonction des comorbidités et des classes d’âge, mais ces informations n’existent pas. Nous devons donc faire des propositions dans un contexte d’incertitude », regrette le Pr Alain Fischer. Ce qui explique que, pour l’instant, les différents Etats avancent en ordre dispersé : le Royaume-Uni a ouvert ce nouveau rappel aux plus de 75 ans, et les Allemands aux plus de 70 ans. « Nous avons trois possibilités devant nous, réfléchit le Pr Fischer. En rester aux 80 ans et plus et aux personnes sévèrement immunodéprimées, élargir la quatrième dose à tous les plus de 65 ans, ou uniquement à ceux présentant des comorbidités ». Le Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale tranchera dans quelques jours. 

Offre limitée. 2 mois pour 1€ sans engagement

Point positif, les études disponibles à ce stade montrent que ce deuxième rappel ne présente pas de risque et reste très bien toléré. Mais la population se saisira-t-elle de cette nouvelle vaccination ? « Nous constatons déjà que 25% des plus de 80 ans n’ont toujours pas reçu leur troisième dose, alors qu’elle reste indispensable contre Omicron. Leur administrer ce premier rappel devrait être la priorité », insiste le Pr Daniel Floret, expert auprès de la Haute autorité de santé. Une chose est sûre, en dehors des personnes sévèrement immunodéprimées, ce rappel supplémentaire ne sera pas proposé aux moins de 65 ans, en tout cas pas dans l’immédiat. « Il est toujours possible que nous changions d’avis mais pour l’instant, lancer d’emblée dans une campagne vaccinale auprès de l’ensemble de la population paraît excessif », confirme le Pr Floret.  

Des questions encore sans réponse

Les quelques données disponibles à ce stade, toujours en provenance d’Israël, semblent en effet montrer que la quatrième dose n’apporte pas de protection supplémentaire chez les plus jeunes. « L’immunité mémoire persiste et c’est sûrement le facteur essentiel, ajoute Daniel Floret. Nous n’allons pas nous débarrasser de ce virus, mais nous serons de plus en plus protégés des formes graves ». En effet, si les données indiquent que les anticorps circulant dans le sang disparaissent au bout de quatre à huit mois, elles montrent aussi que la protection contre les formes graves du Covid-19 persiste, ce qui suggère une efficacité de l’immunité mémoire. « La réponse immunitaire est suscitée par une infection – plus la forme est sévère, plus le système immunitaire est mis en jeu et plus la mémoire est forte -, mais aussi par les vaccins. Elle implique plusieurs clones de lymphocytes B et T qui se souviennent des antigènes à attaquer et qui vont, si l’hôte est de nouveau exposé au pathogène, non pas empêcher l’infection, mais se réveiller, se multiplier et produire des anticorps qui vont détruire les cellules infectées, et potentiellement empêcher les formes graves », explique le Pr Yves Buisson, épidémiologiste et président de la cellule Covid-19 de l’Académie nationale de médecine.  

Certains scientifiques appellent donc à ne pas prendre de décisions trop précipitées sur l’administration de rappels en population générale. « Outre l’efficacité de l’immunité mémoire, il y a aussi beaucoup de questions pour lesquelles nous n’avons pas de réponses claires, comme pour les cas rares de Covid longs induits par la vaccination. Faire une pause permettra à la science d’avancer », souligne le virologue et professeur émérite Hervé Fleury. Il estime en revanche que la question de la quatrième dose se reposera à la fin de l’été prochain : « Nous pourrons alors nous demander s’il convient de l’injecter en même temps que le vaccin contre la grippe, par exemple », ajoute-t-il.  

L’application L’Express

Pour suivre l’analyse et le décryptage où que vous soyez

Télécharger l’app

Les interrogations porteront aussi sur le type de vaccin qu’il faudra alors utiliser. »Des injections contre Omicron uniquement paraissent peu probables car en toute logique, si un nouveau variant émergeait, il devrait se trouver suffisamment éloigné de cette souche pour échapper aux réponses immunitaires que nous construisons contre elle en ce moment », indique le Pr Fischer. Des essais de vaccins combinant le virus apparu à Wuhan à Omicron ou à Bêta sont en revanche en cours. Des vaccins utilisant des technologies différentes de l’ARN messager, comme ceux de Novavax et de Sanofi, auront peut-être obtenu d’ici là des autorisations pour une utilisation en rappel. De quoi donner la possibilité aux autorités sanitaires d’optimiser leurs stratégies, pour offrir la meilleure protection possible dans un contexte toujours très incertain. 

Opinions

Chronique

Par Gwenaëlle Avice-Huet, directrice générale Stratégie & Développement durable de Schneider Electric

Chronique

Frédéric Filloux

La chronique du management

Claire Padych

Chronique

Nicolas Bouzou

Les dernières nouvelles
Nouvelles connexes

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici