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jeudi, août 18, 2022

Covid-19 : quand le pic hospitalier est-il attendu en France ?

La pression due à la cinquième vague de Covid-19 s’accentue encore sur l’hôpital. Selon les chiffres publiés mercredi soir par Santé publique France, près de 24 000 patients atteints par cette maladie sont hospitalisés. Il y a une semaine, environ 20 200 malades du Covid étaient hospitalisés. Le nombre de patients continue également d’augmenter en soins critiques, qui traitent les cas les plus graves, notamment en réanimation, avec 3985 malades (contre 3665 il y a une semaine), dont 381 nouvelles admissions. En 24 heures, 249 personnes ont été emportées par la maladie, portant le nombre total de décès à 126 305 depuis le début de l’épidémie. 

Les infections ont connu une progression fulgurante sous la poussée du variant Omicron, extrêmement contagieux. Mais il s’avère moins dangereux que les précédents variants du virus et les patients Covid infectés par Omicron restent moins longtemps à l’hôpital que les patients infectés par Delta, a affirmé le ministre de la Santé Olivier Véran. L’Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) a étudié la part du variant Delta et du variant Omicron chez les nouveaux patients hospitalisés dans ses services pour Covid-19 entre le 1er décembre et le 4 janvier, en soins critiques et en hospitalisation conventionnelle. Conclusion : la probabilité d’avoir recours aux soins critiques est « trois fois plus élevée chez les patients infectés par le variant Delta que par le variant Omicron ». 

La durée des hospitalisations Covid est un enjeu crucial pour mesurer à quel point le système de santé risque d’être saturé alors que la vague d’Omicron ne donne pour l’heure pas de signe d’accalmie en France. Sur ce plan, Olivier Véran s’est abstenu de s’avancer sur la date d’un pic éventuel mais a remarqué que des signes encourageants venaient du Royaume-Uni, où Omicron s’est répandu avant la France. 

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Un pic des admissions à l’hôpital attendu dans la 2e moitié de janvier

L’Institut Pasteur a de son côté dévoilé l’ampleur possible du pic à l’hôpital dans une analyse mise en ligne mercredi 12 janvier. Les modélisateurs de l’Institut Pasteur ont précisé les trois scénarios élaborés fin décembre 2021 à partir des premières données disponibles. Ils ont comparé leurs courbes à celles tracées par le virus au cours des quinze derniers jours, afin d’écarter tous les scénarios qui s’en éloignaient pour ne garder que les plus « probables ».  

En hospitalisation conventionnelle, le nombre de patients à prendre en charge simultanément pourrait s’élever à 32 000, 23 000 et 17 000 selon que les contacts sont réduits de 0%, 10% ou 20%, note l’Institut Pasteur.

Capture d’écran graphique Institut Pasteur

« Dans tous les scénarios, le pic des admissions à l’hôpital est attendu dans la deuxième moitié de janvier, avec un impact maximal sur l’occupation des lits fin janvier-courant février. Le pic des infections est attendu mi-janvier », écrivent les modélisateurs de l’Institut Pasteur. 

Selon l’hypothèse la plus vraisemblable maintenant, autrement dit une sévérité très réduite et une forte transmissibilité, jusqu’à 5200 personnes par jour pourraient être hospitalisées au pic de l’épidémie si la trajectoire actuelle ne s’infléchit pas. S’il apparaît qu’au retour des vacances les Français ont réduit de 10% leurs contacts, le pic pourrait être réduit à 3600, soit le niveau atteint lors du premier pic de 2020, et même de 2500 si cette réduction est de 20%. 

En hospitalisation conventionnelle, le nombre de patients à prendre en charge simultanément pourrait s’élever à 32 000, 23 000 et 17 000 selon que les contacts sont réduits de 0%, 10% ou 20% . En réanimation, en tenant compte d’une probabilité d’admission bien plus faible avec Omicron que Delta, les malades pourraient occuper respectivement 6000, 4700 ou 3 900 lits. 

« Nous sommes vraiment à un moment assez critique »

« De petites réductions dans les taux de transmission en janvier peuvent fortement réduire l’impact hospitalier de cette vague. Par exemple, si les Français réduisent de 20% leurs contacts en janvier, cela pourrait réduire la taille du pic des hospitalisations de 50% », observe l’Institut Pasteur.  

Arnaud Fontanet partage cette observation. « Nous sommes vraiment à un moment assez critique. Une réduction des contacts de 20% va vraiment changer la donne par rapport au nombre d’admissions à l’hôpital et au nombre de personnes qui seront dans les lits d’hospitalisation conventionnelle intensive », a-t-il déclaré ce jeudi matin lors du point presse de l’Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales, l’ANRS-MIE. Selon l’épidémiologiste, cette réduction de 20% des contacts se fait « en partie » par le télétravail mais « peut-être aussi beaucoup via l’autorégulation des individus ».  

« Que l’on parle des admissions quotidiennes ou que l’on parle du nombre de lits occupés en hospitalisation conventionnelle, on arrive à la fin du mois de janvier à des niveaux qui seront probablement proches de ceux des vagues dures de 2020 », s’est inquiété ce membre du Conseil scientifique. 

Inquiète du « raz de marée » d’Omicron, la branche européenne de l’Organisation mondiale de la santé a estimé mardi que plus de 50% des Européens pourraient être touchés par ce nouveau variant du coronavirus d’ici deux mois, à cause du rythme actuel des contaminations. « À ce rythme, l’Institute for Health Metrics and Evaluation (IHME) prévoit que plus de 50% de la population de la région sera infectée par Omicron dans les six à huit prochaines semaines », a déclaré le directeur de l’OMS Europe, Hans Kluge. Les mutations présentées par ce variant « lui permettant d’adhérer plus facilement aux cellules humaines, pouvant infecter même les personnes qui ont été préalablement infectées ou vaccinées », a-t-il ajouté. 

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