22.8 C
Londres
mercredi, juillet 6, 2022

Vaccin ARNm de Moderna contre le VIH : quatre questions sur des essais cliniques prometteurs

Après le vaccin contre le Covid-19, celui contre le VIH ? C’est l’espoir de la société de biotechnologies Moderna et de l’institut de recherche biomédicale américain Scripps. 

Une équipe de chercheurs de Scripps avait annoncé en février avoir obtenu des résultats très prometteurs pour un nouveau vaccin, utilisant une protéine fabriquée en laboratoire pour stimuler le système immunitaire. Ils se sont associés à Moderna pour utiliser la technique de l’ARN messager (ARNm) pour tenter de développer un vaccin contre le virus de l’immunodéficience humaine (VIH), responsable du Sida. L’étude, soutenue par l’organisme à but non lucratif Initiative internationale pour un vaccin contre le sida (IAVI), est arrivée au stade des essais cliniques sur les humains. 

  • Quelles sont les étapes des essais ?

La description de l’essai publiée sur Clinical Trials, le registre des essais cliniques de l’autorité de santé américaine, indique que ceux de la phase 1 seront réalisés sur des « adultes non infectés par le VIH-1 et en bonne santé ». La phase 1 d’un essai clinique vise à « tester » une molécule chez l’homme, « afin d’observer son devenir dans l’organisme en fonction du temps (cinétique) et d’évaluer sa toxicité », explique l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) sur son site. 

Offre limitée. 2 mois pour 1€ sans engagement

En d’autres termes, cette phase permet de vérifier et évaluer la sécurité du vaccin, de noter de potentiels effets secondaires, ou d’ajuster les doses. « Dans la phase 2, vous allez vraiment étudier la réponse immunitaire chez un plus grand nombre de sujets, précise à France info Jean-Daniel Lelièvre, immunologue spécialiste de la vaccination, ensuite vient la phase 3 où vous regardez l’efficacité de votre vaccin pour prévenir de la maladie, dans le cadre du VIH, cette phase-là est un petit peu plus complexe que dans le cadre du Covid-19 par exemple. » 

Dans le cadre de l’essai de Moderna, 56 personnes de 18 à 50 ans, en bonne santé, et réparties en quatre groupes, vont recevoir le sérum. L’étude doit commencer le 19 septembre 2021, pour des premiers résultats attendus au printemps 2023, indique sa fiche sur Clinical Trials. 

  • Quel est l’intérêt de l’ARN messager ?

Tous les vaccins reposent sur le même principe : entraîner l’organisme à réagir à un agent infectieux, en stimulant le système immunitaire. Dans les vaccins classiques, la séquence génétique de la protéine de l’agent infectieux est généralement combinée à un agent infectieux inactivé ou atténué. Avec l’ARNm, le vaccin fournit directement aux cellules du corps humain le code génétique des protéines de l’agent infectieux. Les cellules apprennent à produire ces protéines directement, et le système immunitaire à les reconnaître et à produire des anticorps. 

Dans le cas du SARS-Cov-2, la technique de l’ARNm a permis de développer un vaccin plus rapidement. « Produire la protéine ex vivo et ensuite l’utiliser comme vaccin était beaucoup plus compliqué que d’utiliser la technique ARN messager », explique l’immunologue Jean-Daniel Lelièvre à France info. « L’avantage ici c’est de faire produire au sein de l’organisme de grandes quantités de protéines pour pouvoir avoir une réponse immunitaire optimale et efficace. » 

  • Comment va fonctionner l’essai de vaccin contre le VIH ?

Pendant les essais, « des fragments d’ARN synthétiques qui ne s’intègrent pas dans le génome de la personne volontaire » seront injectés afin de « faire synthétiser des copies, soit de l’enveloppe soit du noyau du VIH, qui vont essayer de produire à la fois des anticorps et des cellules protectrices », expliquait jeudi l’infectiologue, et chroniqueur à L’Express, Gilles Pialoux sur RTL. 

Il n’est toutefois pas sûr que l’ARNm sera aussi efficace contre le VIH. Très difficile à cibler, il s’agit d’un virus qui a « pour particularité d’intégrer son matériel génétique dans le chromosome des cellules qu’il infecte », expliquait le Dr Jean-Christophe Paillart, directeur de recherches au CNRS, au site Numerama en juillet dernier. « Cela le rend beaucoup plus difficile à cibler puisqu’il se transmet d’une cellule à une autre et qu’il peut rester en dormance [latence] dans la cellule infectée et se réactiver à tout moment ». Un vaccin contre le VIH doit donc être en mesure de produire des anticorps neutralisants à grande échelle pour pouvoir empêcher l’infection. 

L’application L’Express

Pour suivre l’analyse et le décryptage où que vous soyez

Télécharger l’app

  • Où en est la pandémie de sida ?

Les avancées récentes dans les traitements antirétroviraux, et avec le développement de la PreP, traitement préventif contre la contamination, permettent de réduire en partie la transmission du VIH chez les populations ayant accès à ces médicaments. Mais le virus continue de toucher des populations vulnérables, et de faire des milliers de morts chaque année. Selon le dernier rapport du Programme commun des Nations unies sur le VIH/sida (Onusida), 37,7 millions de personnes vivaient avec le VIH en 2020, et 1,5 million avaient été nouvellement infectées. Onusida recense 680 000 décès de maladies liées au sida en 2020, ce qui porte le total de décès à 36,3 millions de personnes depuis le début de la pandémie en 1981. 

Opinions

Economie

Nicolas Bouzou

Tribune

Frédéric Encel

Chronique

Par Chloé Morin

Chronique

Robin Rivaton

Les dernières nouvelles
Nouvelles connexes

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici