24.3 C
Londres
vendredi, août 19, 2022

Un masque chirurgical lavé plusieurs fois reste plus performant qu’un masque en tissu

La conclusion est sans appel : un masque chirurgical lavé plusieurs fois reste plus performant qu’un masque en tissu. C’est ce que révèle une étude publiée le 11 octobre dans la revue Chemosphere. « Les masques médicaux chirurgicaux peuvent être lavés jusqu’à dix fois (…) sans aucune dégradation de leurs propriétés de filtration ou de respirabilité », souligne les auteurs de ces travaux. Autrement dit, le lavage de ces protections faciales n’altère pas leur compatibilité avec la norme – soit une filtration de 98% des particules comprises entre 650 nanomètres et 7 microns. A titre de comparaison, les masques en tissu n’atteignent que 90% de filtration pour un diamètre unique de 3 microns 

L’étude est d’autant plus importante que le masque est devenu un outil indispensable dans notre quotidien. Et son usage devrait sans doute se prolonger dans les prochains mois. L’exécutif a toujours préconisé leur usage unique et la possibilité de réutiliser ces protections après plusieurs passages n’avait pas fait l’objet d’une évaluation systématique. Jusqu’à maintenant. « Nous nous sommes arrêtés à dix lavages dans le cadre de notre étude, mais on peut imaginer en faire plus », assure auprès du Monde Philippe Cinquin, coordinateur scientifique du Centre d’investigation clinique du CHU de Grenoble. 

Dans ces travaux, les spécialistes donnent quelques conseils pour savoir à quel moment il est préférable de jeter son masque chirurgical. Et la règle est simple : il faut se fier aux apparences. Dès que le masque semble abîmé ou qu’il s’ajuste mal au visage, c’est un signe qu’il faut le jeter à la poubelle. Parfois, il peut présenter un aspect pelucheux – ce qui peut s’avérer dérangeant. Parmi les parties les plus fragiles du masque : la barrette nasale et l’élastique du contour d’oreille. Pour garder votre masque plus longtemps, il est conseillé de le laver dans une taie d’oreiller fermée. 

 

Offre limitée. 2 mois pour 1€ sans engagement

Un enjeu économique et écologique

En devenant une nouvelle norme d’hygiène sanitaire, les masques chirurgicaux se sont aussi multipliés dans les poubelles. La possibilité de les laver plusieurs fois est une bonne nouvelle sur le plan écologique : « La réutilisation des masques en population générale, dans les industries, ou dans les hôpitaux (mais pas pour la chirurgie) présente des avantages importants pour la gestion des déchets sans dégrader la sécurité des individus portant des masques réutilisés », souligne l’étude.  

Virginie Courtier-Orgogozo, chercheuse en génétique de l’évolution et directrice de recherche au CNRS, et membre d’Adios Corona, soulignait déjà dans L’Express, en novembre 202, le coût environnemental des masques chirurgicaux : « Les masques chirurgicaux sont fabriqués en nanofibres de plastique, qui mettent plusieurs centaines d’années à se dégrader dans l’environnement. » En effet, le tissu des masques étant issu de la pétrochimie, ils ne sont donc pas biodégradables. Si chaque personne en France utilise un masque à usage unique par jour pendant un an, « cela crée environ 100 000 tonnes de déchets plastiques non recyclables », avaient calculé les chercheurs à l’époque.  

L’application L’Express

Pour suivre l’analyse et le décryptage où que vous soyez

Télécharger l’app

Réutiliser ses masques chirurgicaux constitue de plus un enjeu économique. Certains Français se voient attribuer des masques gratuitement sur leur lieu de travail, mais c’est loin d’être le cas de tout le monde. Et l’achat de ces protections faciales a dû se faire une place dans des budgets parfois serrés. 

Opinions

Chronique

Par Albert Moukheiber

Chronique

Nicolas Bouzou

Chronique

Par Cécile Maisonneuve, Senior Fellow auprès de l’Institut Montaigne, conseillère auprès du centre énergie et climat de l’Ifri.

Chronique

Par Robin Rivaton

Les dernières nouvelles
Nouvelles connexes

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici