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mercredi, juillet 6, 2022

Pourquoi la France boude le nouveau vaccin de Sanofi contre la grippe

Bronchiolite mais aussi rhinopharyngite, angine, gastro-entérite… Les virus saisonniers que le Covid-19 avait fait oublier sont de retour en cette fin d’année. Et notamment la grippe, qui pourrait revenir de manière spectaculaire, après avoir été presque oubliée l’an dernier. Du fait des restrictions sanitaires, notamment du confinement, le virus a moins circulé que d’habitude en 2020. Sur toute la saison l’an dernier, aucun cas grave de grippe n’a été signalé par les 226 services de réanimation, contre 860 cas graves rapportés durant la saison précédente (2019-2020), Santé publique France (SpF). 

Pour cette saison hivernale 2021-2022, « une grande incertitude demeure sur la survenue d’une épidémie de grippe saisonnière en France, sa temporalité et son impact sur la population et le système de soins », prévient SpF. Cela dépendra, notamment, « du niveau de l’efficacité des vaccins antigrippaux contre les virus qui circuleront et de la couverture vaccinale des populations cibles », ajoutent les autorités sanitaires. 

Aucune recommandation particulière en France

Un nouveau vaccin du laboratoire français Sanofi-Pasteur, baptisé Efluelda, a justement été autorisé en septembre 2020 par l’Agence européenne des médicaments (EMA) pour les plus de 60 ans et mis à disposition pour la campagne de vaccination qui s’ouvre le 26 octobre prochain. Un vaccin prometteur et plus efficace que ceux déjà proposés, Vaxigrip Tetra, également de Sanofi-Pasteur, et l’Influvac Tetra du laboratoire Mylan. Mais contrairement à l’Allemagne, qui a réservé le vaccin français à toutes les personnes âgées de plus de 60 ans, aucune recommandation particulière n’a été émise en France par les autorités.  

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En France, la vaccination contre la grippe est remboursée pour les plus de 65 ans, qui recevront l’un des trois vaccins sans distinction. « Efluelda peut être utilisé, au même titre que les autres vaccins grippaux, selon son autorisation de mise sur le marché, soit à partir de l’âge de 65 ans dans le cadre de la stratégie vaccinale française vis-à-vis de la grippe saisonnière dont l’objectif est de réduire les formes graves et les décès », précise la Haute autorité de Santé (HAS) dans son avis datant de juin 2020. Ce qui n’exclut pas une utilisation pour les 60-65 ans, à condition de payer. 

Un coût trop élevé

Si le produit de Sanofi n’est pas autant plébiscité en France, c’est d’ailleurs sans doute à cause de son prix : la Haute autorité de Santé bloque sur le coût plus élevé de l’Efluelda, à 30,25 euros contre une dizaine d’euros pour les deux autres. Selon Les Echos, « immuniser tous les plus de 65 ans avec l’Efluelda augmenterait l’impact budgétaire (non révélé) de 49,6% et les dépenses d’achat de vaccins (montant non révélé) de 197%. » Une addition un peu trop salée pour les autorités. 

Mais en quoi l’Efluelda est-il différent de ses concurrents ? Il s’agit d’un vaccin « grippal quadrivalent dit inactivé », explique le laboratoire à l’origine de sa confection. Il est également dit « à haute dose » car il possède quatre fois plus d’antigènes par souche que les autres vaccins proposés. Alors que ce dosage est déjà utilisé aux Etats-Unis et au Canada, c’est la première fois qu’il sera administré en Europe. 

« Au-delà d’un bénéfice additionnel dans la protection contre la grippe en comparaison du vaccin standard, les nouveaux vaccins doivent également démontrer une meilleure prévention des hospitalisations pour cause cardiovasculaire et de pneumonies », soulignait mardi Marie-Cécile Levant, responsable médicale Vaccins grippaux Sanofi Pasteur France, lors d’une conférence de presse. Efluelda montre une efficacité supérieure de près de 18% ». En prenant l’hypothèse d’une couverture vaccinale de 50% chez les personnes cibles, le laboratoire estime l’impact de l’introduction du vaccin en France à une réduction de 57 000 cas de grippe, de 18 000 hospitalisations et de 700 décès par an. 

Les bénéfices sanitaires ne font néanmoins pas le poids face aux coûts engendrés, selon la HAS : « Le très faible impact sur les résultats de santé et l’organisation des soins ne permet pas de justifier une telle augmentation des coûts d’acquisition du vaccin ce qui implique la nécessité d’une forte réduction du prix ». 

Une nouvelle opportunité de briller

Le laboratoire français, qui a déjà lancé de premiers essais pour un vaccin à ARN monovalent – avec une seule souche de virus – contre la grippe saisonnière, a indiqué mardi vouloir lancer l’an prochain des essais cliniques contre la grippe, avec un nouveau vaccin quadrivalent. Une opportunité, aussi, pour se rattraper de l’échec de son sérum contre le Covid-19. Dans cette course mondiale au vaccin, le mastodonte tricolore a raté son rendez-vous avec l’Histoire. 

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A sa décharge, le laboratoire français est le seul grand acteur de la pharmacie à s’être jeté dans la bataille contre le Covid-19 en développant ses propres vaccins, qui plus est avec deux projets. Mais cette ambition initiale s’est trouvée rattrapée par les difficultés qui caractérisent le groupe de longue date : lourdeurs internes et décisions tardives. 

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