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samedi, juin 25, 2022

Perte d’odorat post-Covid : quel espoir de guérison au bout d’un an ?

Combien de temps les troubles de l’odorat liés au Covid-19 peuvent-ils perdurer ? Est-il trop tard pour s’y attaquer plusieurs mois après le début des symptômes ? Au fil du temps, les scientifiques affinent leurs connaissances. Selon une étude menée dans le service d’ORL du CHU de Strasbourg avec la collaboration de l’IHU, et dont les résultats viennent d’être publiés dans la revue médicale JAMA Network Open, une large majorité (84%) de patients covid touchés par l’anosmie retrouvent des capacités olfactives normales au bout de quatre mois. Et ce chiffre monte à 96% au bout de douze mois.  

« Ces résultats sont importants puisque ce sont les premiers à décrire la situation des patients à un an, à l’aide de tests objectifs », explique Marion Renaud, chef de clinique au service d’ORL et de chirurgie cervico-faciale des hôpitaux universitaires de Strasbourg. Jusqu’ici, les études disponibles se concentraient sur une période bien plus courte (3 à 6 mois), ce qui ne permettait pas véritablement de conclure. D’autres travaux reposaient sur des questionnaires pour évaluer l’odorat. Or il existe un écart parfois important entre la perception des patients et la réalité de leurs capacités olfactives.  

Pour disposer de données fiables, les équipes de Strasbourg ont donc fait passer des tests d’identification et de seuil à un échantillon d’anciens malades du Covid. Ces exercices, réalisés à l’aide de stylets contenant des senteurs, permettent de détecter les parosmies, c’est-à-dire les cas dans lesquels les odeurs « se mélangent » (le café, par exemple, s’apparente à du caoutchouc brûlé). Ils permettent aussi de mesurer la concentration minimale que les récepteurs olfactifs sont capables de percevoir. En se basant sur les résultats de ces travaux, les cas d’anosmie persistante ne représentent qu’une toute petite partie (4%) de la population initialement touchée. 

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Des dizaines de kits olfactifs sur internet

« La majorité de la récupération se fait la première année. Mais il ne faut pas se décourager : les personnes qui souffrent encore de troubles olfactifs au bout de douze mois peuvent encore espérer une légère amélioration la deuxième voire la troisième année », estime Marion Renaud. Même les odeurs fantômes ressenties par une fraction des anciens malades finissent généralement par s’atténuer. Pour retrouver son odorat initial, mieux vaut tout de même rester actif, c’est-à-dire sentir au quotidien, soit en profitant de son environnement, soit en utilisant les stylets odorants issus des fameux kits olfactifs.  

« Avant le Covid, il n’en existait aucun en France. Depuis, il en existe des dizaines disponibles sur internet, il est donc difficile de choisir. Cependant, il n’est pas forcément nécessaire d’avoir un kit particulier pour faire de la rééducation olfactive, d’autres dispositifs peuvent être utilisés : les épices de cuisine, les huiles essentielles à diluer dans un autre flacon (20 gouttes pour 50mL d’eau), certains jeux de société comme le loto des odeurs. Il est surtout nécessaire de s’entraîner tous les jours et dans la durée pour avoir des résultats, le choix du support peut être laissé au patient » détaille Marion Renaud. 

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Parmi les patients du docteur, certains utilisent ainsi un kit crée à Bordeaux par des parfumeurs : « le P’tit Sniff ». Son prix est cependant relativement élevé (4 odeurs = 60€). Moins cher, le dispositif médical « Smell training », mis au point pas des chercheurs néerlandais, est disponible sur internet. « Ce kit est vraiment la référence dans le domaine de la rééducation olfactive (4 odeurs = 27€). Mais il n’est pas très connu », commente Marion Renaud. Enfin, l’association Anosmie.org a mis au point son propre protocole, basé sur les travaux du Pr Thomas Hummel du Centre pour l’odorat et le goût de l’hôpital universitaire Carl Gustav Carus de Dresde. Celui-ci conseille d’utiliser 4 odeurs différentes à sentir 2 fois par jour pendant 5 minutes et ceci pendant au moins 12 semaines. « Les 4 parfums initialement proposés sont : la rose, le citron, l’eucalyptus et le clou de girofle. Cette rééducation a légèrement évolué et on peut proposer maintenant de changer les 4 odeurs tous les mois. Il est important de travailler sur des senteurs différentes et si nos patients souhaitent le faire, nous leur conseillons de choisir une odeur fruitée, une odeur florale, une odeur épicée et une odeur mentholée », recommande Marion Renaud. Mais encore une fois, le plus important n’est pas le dispositif lui même, mais la régularité de l’exercice. Sentez, sentez, il en restera toujours quelque chose. 

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