13.7 C
Londres
mardi, juillet 5, 2022

Origines du Covid : cette découverte sur les chauves-souris qui renforce la piste animale

Un an et demi après son apparition, l’origine de la pandémie fait toujours l’objet de nombreuses spéculations. Mais peu à peu, les pièces du puzzle tentent de se mettre en place. Sur la question des origines du Covid-19, « une avancée majeure » pourrait avoir été découverte. En effet, des chercheurs de l’Institut Pasteur ont identifié dans le nord du Laos des virus proches du Sars-CoV-2 chez des chauves-souris, capables d’infecter l’homme. Les conclusions de ces travaux, en libre accès depuis mercredi sur la plateforme scientifique « Research Square », doivent encore faire l’objet d’une évaluation par les pairs en vue d’une publication dans une revue scientifique. 

Afin de mieux comprendre l’évolution de Sars-CoV-2 et ses origines, des chercheurs de l’Institut Pasteur à Paris, de l’Institut Pasteur du Laos et de l’Université Nationale du Laos ont décidé d’unir leur force pour mener fin 2020 et début 2021 une mission de terrain au nord du pays auprès de différentes espèces de chauves-souris vivant dans des grottes calcaires. Au total, 645 chiroptères ont été étudiés. » L’idée de départ était d’essayer d’identifier l’origine de cette épidémie », explique à l’AFP Marc Eloit, responsable du laboratoire « découverte de pathogènes » à l’Institut Pasteur à Paris, dont les équipes ont analysé les différents prélèvements collectés. 

« Pour différentes raisons qui s’accumulent, on suspecte que certaines chauves-souris insectivores pourraient être le réservoir du virus ». Les prélèvements ont eu lieu dans une région faisant partie d’un immense relief karstique, des formations géologiques principalement constituées de calcaire, qui englobe aussi le nord du Vietnam et le sud de la Chine. « Le Laos partage ce territoire commun avec le sud de la Chine, rempli de cavités où vivent des chauves-souris, d’où l’idée d’aller là-bas », poursuit Marc Eloit. Car ce qui s’y passe est représentatif de cet écosystème. Et les conclusions des analyses de l’Institut Pasteur sont les suivantes : les séquences de virus trouvées chez les chauves-souris sont quasi-identiques à celles du Sars-CoV-2 et les chercheurs ont pu démontrer leur capacité à permettre aux virus de rentrer dans les cellules humaines.  

Offre limitée. 2 mois pour 1€ sans engagement

Une piste sérieuse et diverses interrogations

« Ces trois coronavirus proches du Sars-Cov-2 ont un domaine appelé RBD, situé sur la protéine Spike, qui permet de se lier aux cellules humaines. Sur les 17 acides aminés fonctionnellement importants de ce domaine, il n’y en a qu’un ou deux qui diffèrent de ceux de Sars-Cov-2 », détaille encore Marc Eloit, à nos confrères du HuffPost. Pour autant, les virus étudiés étaient dépourvus du « site furine » présent dans le Sars-CoV-2, une fonction qui rend active la protéine dite Spike en permettant au virus de mieux entrer dans les cellules humaines et dont l’existence conditionne le pouvoir pathogène du virus.  

Autrement dit si ces coronavirus peuvent se transmettre à l’être humain, il n’est pas dit qu’ils puissent nous faire du mal. Et plusieurs hypothèses pourraient expliquer ce lien manquant, avance Marc Eloit. « Peut-être qu’un virus non pathogène a d’abord circulé chez l’homme avant de muter », souligne-t-il par exemple. « Ou bien un virus très proche des virus identifiés possède ce site furine, mais nous ne l’avons pas encore trouvé ». 

« Une avancée majeure »

Si la question de l’origine du virus reste ouverte, ces travaux permettent de blanchir le pangolin, accusé au début de la pandémie d’avoir infecté l’homme. Mais une autre interrogation demeure : « comment le virus de chauve-souris trouvé dans des grottes est-il arrivé jusqu’à Wuhan », en Chine, le point de départ connu de la pandémie, à 2000 kilomètres de là ? Pas de réponse pour le moment.  

Quoi qu’il en soit, cette étude « est une avancée majeure dans l’identification de l’origine du Sars-CoV-2 », estime Marc Eloit. Dont la principale conclusion serait qu’il existe des virus très proches de Sars-CoV-2 chez les chauves-souris capables d’infecter l’homme sans animal intermédiaire. Fin août, les experts de l’OMS, auteurs d’un rapport sur l’origine du Covid, avertissaient que la recherche était « au point mort » sur ce sujet. 

L’application L’Express

Pour suivre l’analyse et le décryptage où que vous soyez

Télécharger l’app

Ils faisaient partie d’une équipe de 17 experts internationaux mandatés par l’OMS et 17 experts chinois, dont le rapport avait été publié le 29 mars, après une enquête menée en janvier à Wuhan. Sans apporter de réponse tranchée, ce rapport listait quatre scénarios plus ou moins probables. Celui qui était jugé le plus vraisemblable était la transmission du virus à l’homme par l’intermédiaire d’un animal infecté par une chauve-souris. Venaient ensuite les hypothèses d’une transmission directe sans animal intermédiaire, d’une transmission par la nourriture, notamment la viande surgelée, et enfin d’une fuite accidentelle de laboratoire, toutefois jugée « extrêmement improbable ». Depuis, « aucune donnée » soutenant « l’hypothèse d’une fuite de laboratoire n’a été ni publiée ni soumise à l’OMS », relevaient les experts. 

Opinions

Chronique

Par François Bazin

Chronique

Par Pierre Assouline

Chronique

Nicolas Bouzou

Chronique

Par Robin Rivaton

Les dernières nouvelles
Nouvelles connexes

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici