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dimanche, juillet 3, 2022

On a testé la grotte de Lascaux en VR. Et c’est bluffant

« Tenez-vous prêts. Nous allons descendre dans la grotte », indique notre guide. Équipés d’un sac à dos contenant un ordinateur et d’un casque à réalité virtuelle (VR) sur la tête, nous quittons la chaleur factice d’un feu de camp virtuel et nous glissons comme par magie à travers le sol de la Cité de l’architecture et du patrimoine, à Paris. Les galeries tortueuses de Lascaux, creusées au fil des époques par le gel et le dégel, apparaissent devant nos yeux, en coupe transversale. Pour les explorer, il faudra encore se rapprocher. Mais avant de démarrer la visite, nous prenons le temps d’examiner l’architecture d’ensemble. 

« Ici, la reproduction est complète. Il y a même le conduit terminal du diverticule axial, un endroit difficilement accessible, même pour les scientifiques. Et il est possible de tout visiter, ce qui n’est pas le cas avec les autres fac-similés Lascaux 2, 3 et 4. C’est tout l’intérêt de ce jumeau numérique », indique notre guide. Pour recréer la grotte à l’échelle 1:1, deux ans de travail ont été nécessaires. Le groupe Dassault Systèmes, spécialiste de la simulation, a fourni des logiciels de pointe. Cette technologie faisait déjà le bonheur des touristes avant la pandémie puisqu’elle permettait de visiter en 30mn la grande pyramide de Kheops, à l’aide de plateformes et de téléporteurs virtuels.  

Lascaux en VR s’inspire des mêmes procédés tout en gagnant en fluidité. Un à un, les visiteurs s’engouffrent dans un cylindre bleu et se retrouvent au beau milieu de la « salle des taureaux ». L’illusion est parfaite. Le moindre recoin de cette voûte en pierre de 30 mètres de long a été fidèlement reproduit. Alors que nous parcourons les parois à l’aide d’une lampe frontale virtuelle, une plateforme transparente nous rapproche des peintures. Encore un avantage du numérique. Quatre énormes taureaux, dans lesquels viennent s’imbriquer des figures de chevaux et de cerfs, dévoilent leurs détails comme s’ils étaient à portée de bras. On s’émerveille devant les couleurs encore vives – réalisées à partir d’oxyde de manganèse et d’oxyde de fer – et les différentes techniques utilisées par les occupants de la grotte : pinceau, projection de pigments en soufflant par la bouche, tamponnage… 

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Des motifs abstraits à la signification inconnue

Plus loin, dans l’Abside, une section riche de mille figures, notre coeur s’emballe à nouveau devant la finesse des animaux représentés. Sur la droite, une frise montre des cerfs en train de traverser une rivière. Sur une autre partie de la paroi, deux bisons semblent galoper. « A cette époque les animaux étaient sauvages. Ils ne se laissaient pas approcher, ce qui rend ces retranscriptions remarquables », souligne le guide. Même l’emplacement des dessins sur la paroi a été soigneusement pensé. Nous repérons une représentation de vache, figure emblématique de la grotte, ayant beaucoup inspiré les artistes des années 40 comme Picasso ou Miro. L’animal semble posé sur une protubérance rocheuse. En contrebas, quelques motifs abstraits apparaissent. S’agit-il d’un blason ? Ou bien est-ce un piège représenté par l’artiste ? Impossible de le savoir. Lascaux stimule notre imagination, comme dans la scène du puits, située dans une zone éloignée des autres peintures. Là, sur la paroi, un drame se déroule. Un homme à tête d’oiseau transperce un bison à l’aide d’une lance, mais l’animal le charge et il tombe. Pourquoi la seule représentation d’un être humain dans la grotte – sur environ 2000 figures – possède-t-elle un visage d’oiseau ? Nul ne le sait. 

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Mais la contemplation de cette oeuvre vieille de 20000 ans suffit à notre bonheur. De ce point de vue, la VR est une vraie réussite. Avec elle, il est possible de s’approcher des parois, de prendre le temps d’observer. C’est même la seule technologie qui permet de voir en entier certaines figures comme celle du cheval renversé (le recul est insuffisant dans la vraie grotte) ou de ramper sans se salir afin d’explorer l’extrémité d’un couloir (on peut aussi se contenter de regarder à travers les parois). Au bout de 45 minutes, la visite prend fin, sans mal de tête. On en sort conquis. Certes, la VR ne saurait remplacer une vraie expérience dans une grotte. Mais en s’approchant très près du réel, c’est un très bon substitut. Preuve que le tourisme virtuel a sans doute de beaux jours devant lui.  

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