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mardi, juillet 5, 2022

Nasa, Agence spatiale européenne… Après Mars et la Lune, tous à l’assaut de Vénus

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Elles sont des soeurs jumelles nées, non pas sous le signe des Gémeaux, mais celui du Soleil. La Terre et Venus se ressemblaient tellement : masse, taille, densité et orbite similaire. Aujourd’hui pourtant, elles ont connu des destins radicalement opposés puisque la seconde est considérée comme la version « maléfique » de la première. La planète bleue offre des conditions clémentes à la vie lorsque celle que l’on surnomme « l’étoile du Berger » est un enfer : aride (absence d’eau), chaude (environ 460°C.), oppressante (la pression atmosphérique est 93 fois supérieure à la nôtre), pluvieuse (de l’acide sulfurique). Sans oublier qu’elle nous ferait tourner la tête puisque sa rotation est rétrograde, c’est-à-dire qu’elle tourne sur elle-même, « à l’envers » par rapport à notre planète et qu’elle le fait à une vitesse d’escargot : une journée vénusienne équivaut à … 243 jours chez nous. Bonjour tristesse, bonjour l’ennui !  

Des destins radicalement opposés

Comment expliquer alors que ces deux soeurs ont eu des destins radicalement opposés alors que de nombreux scientifiques croient que Venus a pu abriter à sa surface des océans d’eau liquide et donc, peut-être, des formes de vie ? Longtemps délaissée par les agences spatiales – les Américains n’y ont pas lancé de mission depuis trente ans (Magellan en 1989) et les Européens depuis quinze ans (Venus Express en 2006) – la deuxième planète du système solaire (en distance par rapport à son étoile) sera la star du début de la décennie 2030. Coup sur coup, l’Agence spatiale américaine (Nasa) a annoncé début juin l’envoi de deux missions DAVINCI+ (Deep Atmosphere Venus Investigation Noble gases Chemistry and Imaging) et VERITAS (Venus, Radio Science Insar Topography and Spectrocopie) dans le cadre de son programme Discovery et pour des montants d’environ 600 millions de dollars chacune. Lancées en 2028 et 2030, elles commenceront leur travail scientifique après 2030. L’agence spatiale européenne (ESA) fait de même ce 10 juin puisque qu’elle vient de valider la mission EnVision (610 millions d’euros) qui, elle, devrait être opérationnelle en 2035. « C’est une incroyable conjonction organisée par les deux agences spatiales après trente ans de disette », s’enthousiasme Thomas Widemann, chercheur à l’Observatoire de Paris-PSL et Maître de conférences à l’Université Versailles Saint-Quentin (UVSQ). L’astrophysicien a la particularité d’avoir une double casquette – côté américain en faisant partie de l’équipe VERITAS et surtout côté européen en étant le « Programme Manager » de la mission EnVision. « Il n’y a donc pas de doublon entre toutes ces missions dont l’objectif principal reste de connaître enfin le passé de Vénus. » A quel moment et aussi pourquoi s’est faite la dissemblance. Quel a été le passé aqueux de la planète et donc a-t-elle été habitable. 

De prime abord, Venus possède une surface bien plus jeune que celle de la Terre (500 Millions d’années contre 3 à 4 milliards d’années). Pour autant, elle ne porte aucune trace d’activité géologique récente alors que les scientifiques pensent que cette dernière existe. « C’est une affaire de résolution. Nos dernières images du sol remontent aux sondes Viking des années 1970 et Magellan il y a trente ans qui permettent de le voir trouble, un peu comme le fond d’une piscine », explique Thomas Widemann.  

 

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Avec les sondes VERITAS et EnVision, les scientifiques disposeront enfin d’une cartographie bien plus précise. La première effectuera une cartographie exhaustive de l’ensemble de Venus qui reste tout de même trois fois plus grosse que Mars et ce, avec une résolution de 15 à 30 mètres (4 fois supérieures aux images de la sonde Magellan). La seconde, avec le décalage dans le temps des deux missions, se focalisera sur près de 30% de la surface pour s’intéresser aux régions les plus tourmentées d’un point de vue géologique (montagne, rift, etc.) avec une résolution encore plus grande – 10 mètres ! S’ils croient à une tectonique active, les astrophysiciens espèrent mieux caractériser les flux de chaleur à la surface et pourquoi pas, observer l’éruption d’un volcan ou apercevoir des zones de subduction. « Sous la surface il y a un manteau visqueux comme sur Terre mais dont nous ignorons la profondeur et qui est sans doute beaucoup moins actif », précise Thomas Widemann. Les deux sondes devraient nous apporter des informations déterminantes. 

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Caractériser l’atmosphère

La troisième, DAVINCI+ se concentrera sur l’atmosphère. Sa durée de vie (un peu plus d’une heure) correspondra à sa descente dans l’atmosphère jusqu’à toucher le sol. Grâce à un spectromètre de masse elle analysera sa composition en matière de gaz. Autant d’éléments qui permettront de mieux connaître l’histoire de l’eau, l’activité volcanique et s’il s’agit d’une atmosphère primitive. « Nous ferons alors des découvertes que nous n’imaginions même pas », pronostique Thomas Widemann. Rendez-vous après 2030.  

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