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mercredi, juillet 6, 2022

Menaces contre François Crémieux : quand Didier Raoult et ses partisans vont trop loin

Les pouvoirs publics français peuvent-ils tolérer qu’un de leurs agents fasse l’objet de menaces pour des décisions prises dans l’exercice de ses fonctions ? Une telle situation est bien entendu inacceptable. Rappelons les faits. François Crémieux a été nommé à la tête de l’Assistance publique – Hôpitaux de Marseille (AP-HM) au mois de juin. Parmi les nombreux dossiers sur son bureau en arrivant, celui du devenir du Pr Didier Raoult. Car, hasard du calendrier, celui-ci a atteint l’âge de la retraite de ses fonctions hospitalo-universitaires à la fin du mois d’août. 

François Crémieux – de concert avec le président de l’Université Eric Berton – décide alors de refuser la demande de cumul emploi – retraite faite par le Pr Raoult. Un choix qui avait déjà valu au nouveau DG de l’AP-HM une avalanche de messages haineux sur les réseaux sociaux. Mais, dans ce bras de fer, Didier Raoult est passé à l’étape supérieure avec des menaces à peine voilées proférées dans l’émission « Touche pas à mon poste » de Cyril Hanouna : « Moi, je serais plus inquiet pour le DG que pour moi ; si quelqu’un doit être inquiet, c’est lui, il devrait se calmer car les Marseillais… ». Un avertissement entendu par une poignée de militants, qui sont allés dégrader ce week-end l’entrée d’un immeuble où réside… un homonyme du nouveau DG des hôpitaux marseillais.  

De nombreuses bornes ont déjà été dépassées

Passons sur le ridicule de cette erreur de lieu : cette violence verbale et matérielle en dit long sur l’ambiance délétère dans la capitale de la Région Sud. Pour la première fois, le célèbre professeur, qui a su tisser autour de lui un réseau local d’influence, rencontre une véritable opposition. Mais si le refus du cumul emploi-retraite est un premier caillou dans sa chaussure, son avenir dépend avant tout, comme il a beau jeu de le rappeler, du conseil d’administration de l’IHU (institut hospitalo-universitaire) qu’il dirige. Un conseil d’administration composé de vingt personnes, dont beaucoup de ses proches.  

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Est-ce pour autant un gage de pérennité ? S’il fanfaronne – « on ne fait pas de putsch » dans ce type de structure, a-t-il rappelé dans la même émission – le Pr Raoult va désormais trop loin en passant aux menaces, et en ne dénonçant pas les actes de malveillance commis ce week-end en son nom. Il avait déjà dépassé de nombreuses bornes, en défendant contre l’évidence un traitement anti-Covid inefficace, en s’affranchissant des limites de la loi dans certaines de ces études, comme L’Express l’a révélé, ou en émettant des doutes sur l’efficacité, pourtant bien réelle, des vaccins anti-Covid. Difficile de ne pas y voir un lien avec le fait que les Bouches-du-Rhône sont aujourd’hui l’un des départements de France les moins vaccinés, et le seul dont les hôpitaux sont submergés de malades du Covid-19, comme n’a pas manqué de le souligner à plusieurs reprises le Pr Jean-Luc Jouve, représentant des médecins de l’AP-HM. Alors que l’IHU avait été créé justement pour nous protéger en temps de pandémie, son directeur n’a fait que compliquer la gestion de cette crise sanitaire.  

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Il était temps que les acteurs locaux – ou du moins certains d’entre eux – prennent leurs responsabilités face à ce qu’il convient d’appeler des dérives. Espérons que ce dernier épisode achèvera de convaincre l’ensemble des administrateurs de l’IHU qu’une nouvelle direction permettrait de préserver le prestige, l’image et l’avenir de cet Institut.  

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