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mercredi, juillet 6, 2022

les rêves de hit-parade de Bernard Tapie

L’homme d’affaires, mort dimanche 3 octobre à 78 ans, se serait bien vu chanteur. Le démon de la scène ne l’abandonnera jamais.

«J’aurais voulu être un artiste pour pouvoir faire mon numéro…». Nous sommes en 1985 et Bernard Tapie est l’invité vedette de l’émission Le Jeu de la vérité animée par Patrick Sabatier. Comme son nom l’indique, ce show télévisé promet de révéler la face cachée, intime, de la star du jour. Au grand étonnement des téléspectateurs, l’homme d’affaires va alors décider de montrer sa personnalité en chantant, à gorge déployée, Le Blues du Businessman. Cette chanson tirée de la comédie musicale Starmania semble avoir été écrite sur mesure, pour lui, par Luc Plamondon. Et encore une fois, ce bateleur protéiforme, d’une étonnante voix de stentor, réussit à conquérir le public.

Il faut dire que la tentation de devenir une vedette des hit-parades n’est pas nouvelle chez ce touche-à-tout. Dès 1966, à 23 ans à peine, il a déjà sorti un 45 tours. Bernard Tapy – avec un y pour ce pseudonyme – signe ses chansons. Ses premiers textes sont teintés d’un romantisme adolescent : Je les aime toutes, L’enfant de ma vie… Il chante à la manière de l’époque. On reconnaît sa gouaille et son accent de titi parisien. Quelques mois plus tard sort un autre album. Cette fois-ci, notre futur Nanar national, joue les désabusés. Il écrit : «Je ne crois plus les filles». Bernard Tapie désenchanté ?
Pas vraiment. On connaît la suite de son parcours.

À voir aussi – Les 12 vies de Bernard Tapie

Réussis ta vie. Soit poète ou soit paysan, moitié méchant, moitié gentil, à l’aventure, évidemment

Paroles de sa chanson «Réussir sa vie» de 1985.

Bernard Tapie oublie vite ses rêves de galas de provinces et de groupies qui crient son nom, extatiques, au bord de la scène pour se lancer dans les affaires. Il va racheter des tas d’entreprises, parfois pour un franc symbolique, et devenir l’un des symboles de la réussite à la française. En 1985, il reviendra une dernière fois à ses premières amours. Aidé par le faiseur de tubes Didier Barbelivien, il chante Réussir sa vie. Le gamin du XXe arrondissement scandait enfin sa philosophie: «Réussis ta vie. Soit poète ou soit paysan, moitié méchant, moitié gentil, à l’aventure, évidemment»

Il va réussir sa vie. Mais aura besoin de retrouver la scène. En 2001, il fait ses premiers pas au théâtre dans Vol au-dessus d’un nid de coucou, une pièce mise en scène par Thomas Le Douarec, enchaîne en 2004 avec Un beau salaud, un vaudeville de Pierre Chesnot. Et, en 2008, il s’illustre dans Oscar, la comédie culte de Claude Magnier, au côté de Chantal Ladesou. Avant de jouer dans Les Montagnes russes, une comédie d’Éric Assous. Il y campait un homme marié et père de famille charismatique qui profite de l’absence de ses proches pour courtiser une séduisante jeune femme. Une pièce qui avait été créée par Alain Delon en 2004.

En avril 2018, Bernard Tapie, qui luttait déjà contre son cancer de l’estomac, prévoyait de remonter sur scène «dans une pièce de théâtre ou une comédie musicale», annonçait-il dans Le Parisien. Comparant son retour sur les planches à la dernière tournée de Johnny Hallyday avec les Vieilles Canailles, il voulait renouer le contact direct avec le public. Et retrouver sa vie d’artiste…

● Bernard Tapie: Je ne crois plus les filles en 1966

● Bernard Tapie: Je t’interdis en 1985

● Bernard Tapie : Réussir sa vie en 1985

● Bernard Tapie rechante quelques secondes Le blues du businessman pour l’émission Actuality

À voir aussi – « Bernard Tapie était un acteur de la vie »

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