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jeudi, juin 30, 2022

les instruments à vent ne sont pas propagateurs de virus

Une étude britannique a démontré que jouer de la flûte, clarinette ou trompette n’émet pas plus d’aérosols qu’en parlant. Des résultats prometteurs pour la reprise des orchestres.

Souvent pointés du doigt, les instruments à vent ne seraient finalement pas particulièrement propagateurs de Covid comme on le pensait. C’est du moins l’une des conclusions d’une étude britannique, qui montre que l’on émet moins d’aérosols en jouant d’un instrument à vent que lorsque l’on parle ou l’on chante. «Les aérosols générés en jouant d’un instrument de la famille des bois ou des cuivres sont moins nombreux que ceux produits par la vocalisation (en parlant et en chantant) et sont équivalents à ceux émis par une personne qui respire», ont conclu les chercheurs. Une bonne nouvelle pour les professionnels du milieu, alors que de nombreux orchestres sont à l’arrêt ou soumis à des protocoles sanitaires drastiques.

Le Covid-19 se transmet principalement par voie aérienne, notamment par les gouttelettes et les aérosols émis quand une personne infectée parle, éternue ou respire. Les aérosols sont de plus petite taille que les gouttelettes (moins de 20 microns) et peuvent restent plus longtemps en suspension dans l’air. Or, l’étude montre qu’«il n’a pas été observé de gouttelettes» lorsque les participants jouaient d’un instrument, contrairement à ceux qui ont chanté ou toussé, ajoutent-ils. Chez les chanteurs, «aucune différence n’a été trouvée entre les concentrations d’aérosols générées par les professionnels et les amateurs lorsqu’ils respirent, parlent ou chantent, ce qui suggère que les conclusions tirées pour les chanteurs professionnels s’appliquent aussi aux amateurs», précisent-ils.

Ces résultats, publiés mardi dans la revue Aerosol Science and Technology, «peuvent être déterminants pour élaborer une feuille de route de levée des restrictions liées au Covid-19 dans le spectacle vivant, qui a fait l’objet de contraintes importantes depuis le début de la pandémie», souligne l’université de Bristol dans un communiqué. «Cette étude confirme que les risques de transmission du Sars-CoV-2 sont probablement élevés lorsqu’on vocalise à un volume élevé dans des endroits peu ventilés. En comparaison, jouer d’instruments à vent, tout comme respirer, émet moins de particules susceptibles de transporter le virus», détaille Jonathan Reid, directeur du Bristol Aerosol Research Centre.

Le projet de recherche, soutenu par les autorités sanitaires britanniques et le ministère de la Culture, a été mené en collaboration par l’Imperial College London, l’université de Bristol, le Wexham Park Hospital, le Lewisham and Greenwich NHS Trust et le Royal Brompton Hospital. Neuf musiciens ont joué de 13 instruments différents (flûte, clarinette, trompette, trombone…) dans une pièce vide de tout aérosol avant l’expérience. Des conclusions cohérentes avec une autre étude britannique réalisée en août 2020, qui avait montré que la transmission d’aérosols ne dépendait pas du mode d’émission, mais davantage du volume sonore. Ainsi, les chercheurs avaient analysé que c’est le volume de la voix qui a le plus d’impact sur la quantité d’aérosols émis. Une autre étude, publiée en mai dernier, avait également conclu que les risques de contamination dans les orchestres sont très faibles.

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