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dimanche, juillet 3, 2022

Les grands lieux qui font avancer la science (2/5): Le Media Lab équipe les voyageurs spatiaux

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Avec Virgin Galactic de Richard Branson et Blue Origin de Jeff Bezos, l’humanité est entrée en ce mois de juillet 2021 dans l’ère du tourisme spatial. Pas toujours facile pour les riches privilégiés qui l’inaugurent sans entraînement spécifique de s’habituer aux quelques minutes où, clou de leur petite escapade, ils flottent dans l’espace. Le prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT) pense déjà à eux via son Media Lab, où Valentina Sumini et Manuel Muccillo ont inventé une surprenante prothèse. Les deux chercheurs ont mis au point une longue queue robotique préhensile, baptisée SpaceHuman, destinée à saisir des objets, à s’accrocher à une surface et à servir de gouvernail lorsque l’on se déplace en impesanteur. « L’idée avec ce corps augmenté est de démocratiser l’accès aux voyages spatiaux en aidant les gens à pratiquer des activités jusque-là réservées aux astronautes chevronnés », explique Valentina Sumini. 

Un laboratoire multidisciplinaire unique

Le Media Lab, créé en 1985 au sein du MIT, est un centre de recherche original. Contrairement aux autres labos, il ne suit pas la division traditionnelle par domaines, mais rassemble des artistes, des designers, des scientifiques qui collaborent sur des centaines de projets interdisciplinaires, tels que les prothèses cognitives, le design de nouveaux instruments de musique, la ville intelligente et bien sûr l’espace. La Space Exploration Initiative, l’équipe de Sumini et Muccillo, développe ainsi des technologies et des outils pour évoluer dans le firmament. Dont cette fameuse queue ultralégère, inspirée de l’hippocampe qui, étonnamment, ne se sert pas de son appendice recourbé pour nager, mais pour s’accrocher à des coraux et attraper des proies. Le prototype consiste en une série de tubes en silicone flexible dotés de 36 chambres à air que l’on gonfle en différentes configurations grâce à des pompes attachées à la ceinture. La queue bouge en fonction des mouvements de son porteur grâce à une série de capteurs et à une caméra dorsale connectée à un logiciel programmé pour détecter les couleurs et les différents matériaux. La prothèse a déjà été testée deux fois sur des vols paraboliques. 

Une puce implantée sous la peau

« Un jour sans doute, on pourra la diriger avec une puce implantée sous la peau. Pour l’instant, on travaille à un objet connecté que l’on peut porter au poignet ou dans la main », poursuit Valentina Sumini. A terme, SpaceHuman devrait avoir également des applications terrestres. Car, si l’on en juge par le monde animal, la queue est un appendice fort utile. Les vaches s’en servent pour chasser les mouches, les poissons pour avancer, les singes pour sauter dans les arbres… Les humains aussi en possèdent une, mais seulement pendant une très courte période au stade du foetus. En avoir une « assigne une nouvelle fonction à une partie du corps – notre dos – jusque-là pas totalement exploitée, sauf pour le transport de charges », affirme le MIT. Imaginez une prothèse pour s’arrimer à l’escabeau lorsqu’on lave les vitres ou pour empêcher une personne âgée de tomber lorsqu’elle marche… 

 

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Au total, la Space Exploration Initiative planche sur une quarantaine de projets. « Notre objectif est d’inventer, de créer et de développer des choses qui semblent exotiques, voire impossibles aujourd’hui, mais pourraient devenir courantes dans dix ans, » résume Ariel Ekblaw, sa fondatrice et patronne. A l’instar des Rovables, ces robots miniatures qui se déplacent sur n’importe quel vêtement grâce à des capteurs et à un logiciel doté d’une intelligence artificielle. A bord des prochaines stations ou vaisseaux spatiaux, l’une de leurs missions serait de détecter et de réaliser des tâches de maintenance. Et, selon leurs inventeurs, ils pourraient aussi devenir les meilleurs compagnons des astronautes : en leur tapant sur l’épaule à l’arrivée d’un nouveau mail ou en remontant leurs manches quand ils auront chaud ! 

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Il y a plus futuriste encore : certains chercheurs travaillent sur l’architecture des villes lunaires ou martiennes. Transporter par fusée des structures habitables lourdes et rigides, c’est cher et peu faisable à grande échelle. Une équipe a donc créé Tesserae, des carreaux qui s’empilent à plat pendant le transport et, une fois arrivés à destination, se déploient et s’autoassemblent en s’attachant grâce à des aimants, selon la forme programmée. Ces carreaux sont non seulement bon marché, mais aussi modulables et réutilisables si l’on veut changer la configuration d’un bâtiment. Idéal pour faire du cabanon sur Mars une tour HLM lorsque les millions de colons imaginés par Elon Musk afflueront… 

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