12.8 C
Londres
lundi, mai 16, 2022

L’agence spatiale française souffle ses 60 printemps, par Stefan Barensky

A 60 ans, le Centre national d’études spatiales (Cnes), n’a pas à rougir de son bilan. Lorsqu’elle est créée le 19 décembre 1961, l’agence spatiale française n’est guère plus qu’un bureau d’études mis en place en complément du projet de lanceurs nationaux Diamant. Ce dernier fut lancé la veille sous l’égide des militaires, comme point d’orgue du programme Pierre précieuses dont la finalité est avant tout de développer les technologies de la dissuasion balistique française. Un homme ne compte pas se limiter à ce rôle : le professeur Jacques Blamont, directeur technique du Cnes, qui veut constituer une Nasa à la française et envoie ses jeunes ingénieurs faire leurs classes outre-Atlantique. 

Dès 1965, la France devient la troisième puissance spatiale à accéder à l’orbite, mais le petit satellite Astérix, développé par les militaires, n’émet pas. Quelques jours plus tard, les Américains lancent FR-1, une autre sonde spatiale conçue par les équipes du Cnes, et c’est un plein succès. A partir de là, le programme Diamant et ses divers satellites vont passer sous la responsabilité de l’agence. Pour preuve, elle préside au déménagement du centre de lancement vers Kourou, où le centre spatial guyanais est inauguré en 1968. 

Agence nationale, le Cnes joue très vite la carte de la coopération. Avec les Etats-Unis d’abord, pour un programme de collecte de données – initié une nouvelle fois par le Pr Blamont – qui deviendra Argos en 1978, dont les balises sont rentrées depuis longtemps dans le langage commun. Il préfigurait l’actuel Internet des objets à l’origine actuellement de centaines de projets de constellations. Avec l’Allemagne ensuite, en fusionnant le projet de satellite de télécommunications français Saros et son homologue d’outre-Rhin Olympia afin de créer Symphonie, sur lequel les grands noms de l’industrie des satellites d’aujourd’hui ont fait leurs premières armes. 

Offre limitée. 2 mois pour 1€ sans engagement

Coopération tous azimuts et innovation

Au niveau européen, en revanche, les projets patinent. Le premier programme de lanceur baptisé Europa est géré par l’Eldo, une agence pilotée par des diplomates qui, très rapidement, montre son incapacité à coordonner le travail des partenaires. Si tous les étages de la fusée – britannique, français et allemand – fonctionnent séparément, ensemble c’est une catastrophe. Face à ce fiasco, le Cnes propose un concept intégré, sous sa direction, qui finit par être adopté en 1973 et deviendra… Ariane. Le concept gaullien d’une autonomie d’accès à l’espace pour l’Europe va s’imposer pour échapper aux diktats de Washington qui accepte cependant de lancer les fameux satellites Symphonie. Autre projet issu des cartons du Cnes à la même époque : Météosat, dont on n’imagine plus aujourd’hui que l’on ait pu vivre sans jusqu’en 1977. 

A 20 ans, le Cnes, sans le savoir, invente ce que l’on appellera plus tard le « New Space » et bouscule toute l’économie du spatial. Pour augmenter la cadence des lancements d’Ariane que le marché institutionnel limite à environ deux vols par an, Frédéric d’Allest, à la tête de l’agence, imagine une société de droit privé, regroupant les industriels du programme, pour commercialiser des vols supplémentaires. Ce sera Arianespace. Après avoir critiqué la manoeuvre, jugée « irresponsable », l’industrie américaine s’empressera de la copier en 1984. 

Rebelote quelques années plus tard dans le domaine de l’observation de la Terre et la création de Spot Image. Le choix de la filière optique, tributaire de la couverture nuageuse, avait été fortement critiqué par de brillants esprits qui juraient que l’avenir de l’observation terrestre appartiendrait aux seuls radars. Il était alors de bon ton de se gausser du « Satellite Pour Occuper Toulouse ». Deux mois après son lancement, en 1986, il devenait la seule source ouverte d’images de la catastrophe de Tchernobyl, et les critiques se turent comme par enchantement. 

L’application L’Express

Pour suivre l’analyse et le décryptage où que vous soyez

Télécharger l’app

503 Backend fetch failed

Backend fetch failed

Guru Meditation:

XID: 1056550382

Varnish cache server

Opinions

Chronique

Par Christophe Donner

Chronique

Par Sylvain Fort

Chronique

Par Abnousse Shalmani

Chronique

Par le Pr Gilles Pialoux

Les dernières nouvelles
Nouvelles connexes

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici