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dimanche, juillet 3, 2022

la vie reprend pour les soignants aux Solidays

NOUS Y ÉTIONS – Dimanche, le festival de Solidarité Sida était de retour à l’hippodrome de Longchamp, le temps d’une journée réservée aux étudiants et professionnels du milieu médical.

«On vous attendait moins de 10.000, et finalement, vous étiez plus de 12.000. Résultat, il faut attendre plus de 40 minutes pour s’acheter une bière!», s’amuse Luc Barruet, directeur du festival des Solidays, qui avait lieu ce dimanche dans l’hippodrome de Longchamp à Paris. Malgré la météo capricieuse, les participants, tirés au sort après une inscription fin juin, sont bien au rendez-vous de cette mini-édition spéciale réservée aux soignants afin de leur «dire merci». Un des premiers grands évènements de l’été, soumis au pass sanitaire et sans masque obligatoire.

À peine midi, heure d’ouverture du festival, que les premiers motivés se pressent déjà afin d’être aux premières loges. Comme les années précédentes, une navette gratuite permet de conduire les festivaliers à l’hippodrome. Au bout de dix minutes de traversée dans une ambiance déjà festive, ça y est : les chapiteaux rouges et blancs se dessinent, et les basses résonnent au loin. «Bienvenue aux Solidays!», lancent les bénévoles à la sortie du bus. Une bouteille de gel hydroalcoolique est distribuée à chacun, et bien sûr, le pass sanitaire est scrupuleusement vérifié. Une fois le bracelet d’entrée récupéré, les deux scènes apparaissent enfin, au fond de la grande étendue d’herbe verte de l’hippodrome.

Après un premier concert de Pipoh et Billet d’humeur, c’est au tour du duo Jahneration de prendre place, mélange entre reggae et hip-hop. «Aujourd’hui dans le public, il y a des bac +1, +3, +8, beaucoup plus que nous en tout cas!» s’amusent les deux chanteurs parisiens, devant une foule qui ne cesse d’augmenter. 47 Ter, le groupe de rap et hip-hop, monte ensuite sur scène, avec leur titre très à propos, «Qu’est-ce qu’on attend pour vivre». Et malgré une nouvelle averse de pluie au milieu de leur show, les festivaliers ne se découragent pas et continuent de danser au rythme de la musique. Camille et Mégane, étudiantes en médecine de 23 ans, suivent avec enthousiasme le concert : « C’est vraiment sympa de pouvoir venir ici, ça fait plaisir pour tous ceux qui étaient sous l’eau pendant d’un an», expliquent les jeunes filles, qui viennent pour la première fois aux Solidays. Et aucune inquiétude face à la pandémie: «Il y a le pass sanitaire et nous sommes vaccinées, donc on ne se fait vraiment pas de souci là-dessus», confient-elles.

«On a plus envie de lutter, de revivre ce qu’on a vécu»

Même constat pour Robin et Juliette, tous les deux internes en région parisienne: «Les soignants sont généralement une frange de la population plutôt bien vaccinée, donc ça réduit le risque pour le festival. Et puis, la situation s’est stabilisée, donc ça serait vraiment dommage de s’en priver», confient les deux amis venus aux Solidays afin de se changer les idées après le concours de médecine. Mona, qui attend patiemment dans la longue file d’attente pour se ravitailler, est infirmière. Si la jeune femme est reconnaissante du geste des Solidays, elle avoue être un peu sceptique: «C’est mignon comme geste. Mais je suis un peu dubitative, on avait des applaudissements tous les soirs, et puis ça s’est tassé. J’aimerais bien qu’on ne nous dédie pas qu’un évènement, mais qu’il y ait des changements significatifs dans notre quotidien, par exemple sur les conditions de travail», explique la jeune femme.

Les concerts suivent leur cours, et vient le tour d’Amadou et Mariam, le couple de musiciens et chanteurs maliens, couronnés en 2005 aux Victoires de la Musique. Caroline, infirmière venue spécialement pour Reims de l’occasion, avoue aisément que retrouver l’ambiance des festivals «fait du bien. Ça remotive!», s’exclame la trentenaire. Margot, elle aussi infirmière, apprécie ce retour à la normale, en espérant que cette fois, «ça soit la fin de la crise. On n’a plus envie de lutter, de revivre ce qu’on a vécu. J’ai envie que la vie culturelle reprenne, mais j’espère que les gens vont se faire vacciner. C’est un effort collectif, c’est le seul moyen de s’en sortir», assure la jeune femme. Venue pour la première fois aux Solidays, elle aime le côté engagé de l’évènement, «qui défend une autre cause sanitaire très importante».

«C’est le moment de lâcher du lest»

Deluxe, le groupe d’électro français, Hervé et Yael Naïm se succèdent et ravissent les festivaliers, tandis que d’autres s’essaient à des sensations plus fortes. Dans un coin de l’hippodrome, une grue de plusieurs mètres de haut fait l’objet de toutes les convoitises: en solo ou en duo, les volontaires peuvent s’essayer à un baptême de saut à l’élastique. Dorian, 20 ans, en deuxième année de médecine, va tenter l’attraction «afin de marquer le coup». Venu de Lyon pour le festival, il profite comme les autres de ce retour à la normale: «C’est le moment de lâcher du lest pour profiter de l’été. De toute façon, les gens ne respecteraient pas s’ils prenaient de nouvelles mesures restrictives maintenant», analyse le jeune homme.

Après un énième retour de la pluie, transformant l’hippodrome en champ de boue, le public accueille avec enthousiasme Suzane, sacrée aux victoires de la musique en 2020, puis le rappeur Youssoupha, qui a fait beaucoup parler de lui dernièrement avec son hymne pour l’euro. Il ne cache pas son stress à remonter sur scène après, «mais si je tombe dans les pommes, je sais qu’il y aura forcément quelqu’un pour me soigner», plaisante le chanteur.

Après sa prestation très bien accueillie, c’est ensuite au tour du rappeur Soso Maness et de la fanfare techno allemande Meute de mettre l’ambiance. M, grand habitué des Solidays, clôturera cette journée dont «le bilan est très réussi», considérant le fait que le festival «a été fait à l’arrache», confie Luc Barruet. «La décision a été prise le 20 mai, dans la douleur, mais nous sommes ravis. Notre seule déception, c’est les difficultés que nous avons eues avec le pass sanitaire. On espérait que ça soit plus simple surtout venant des soignants, mais ça n’a pas été le cas», a-t-il regretté devant la presse. Le ministre de la santé, Olivier Véran, est venu en fin de soirée applaudir «cette très belle opération», «remerciant le travail fait pendant cette année» et rappelant l’importance des actions menées par Solidarité Sida. Le ministre en a profité pour rappeler l’importance de se faire vacciner. «Aujourd’hui on fait la fête aux Solidays, demain on se fait vacciner», a-t-il martelé.

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