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dimanche, juillet 3, 2022

La vaccination peut-elle empêcher les Covid longs ?

Sur le plan sanitaire, tous les voyants sont au rouge. Pris dans une course contre le variant Delta, l’exécutif bat le rappel sur l’importance de la vaccination en France. Car le précieux sérum permet à la fois d’éviter les formes graves et de réduire la transmission du virus. A-t-il également le pouvoir de diminuer les risques de développer un Covid long ? Emmanuel Macron a mis la question sur la table lors de son jeu de questions-réponses organisé sur Instagram et TikTok, lundi. Depuis sa résidence estivale de Bormes-les-Mimosas, le président de la République a alerté : « Il y a des jeunes en bonne santé qui se sont retrouvés à l’hôpital ou aux urgences. » Et de poursuivre en évoquant les cas de Covid longs observés chez des patients jeunes. 

Si aucune étude ne l’a encore confirmé, la vaccination pourrait en effet se révéler bénéfique dans la prévention des formes persistantes de la maladie. Les premières données publiées semblent en tout cas aller dans le sens d’une meilleure protection. « Parmi les personnes vaccinées qui ont tout de même contracté le virus, le risque de se retrouver à l’hôpital avec des symptômes de Covid long est très, très faible », expliquait en juillet à NBC News Ziyad Al-Aly, épidémiologiste à l’université de Washington. Ses recherches, qui ne sont pas encore terminées, examinent des informations sur plus de 5 millions d’anciens combattants dans une base de données du ministère des Anciens Combattants, dont 200 000 qui ont reçu un diagnostic de Covid-19. 

L’épidémiologiste n’est pas le premier scientifique à tenir ce discours. « Il est très improbable que des personnes « entièrement vaccinées développent une forme de Covid long », soutenait notamment Monica Gandhi, experte en maladies infectieuses à l’université de Californie, à San Francisco, interrogée par le quotidien américain Los Angeles Times. La spécialiste estime que le système immunitaire des vaccinés exposés au virus est prêt à leur apporter « une réponse très organisée ». Dans les colonnes du quotidien local Ouest-France, la professeure Dominique Salmon, infectiologue à l’Hôtel-Dieu abonde : « Les patients vaccinés sont capables d’éradiquer le virus plus rapidement, et on peut donc penser que la vaccination peut être bénéfique vis-à-vis du Covid long. » 

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« Un problème de décalage »

Mais d’autres spécialistes préfèrent jouer la carte de la prudence, affirmant que le nombre de cas observés chez les personnes vaccinées n’est pas suffisant. « Il pourrait bien avoir un problème de décalage », indique Dr Maureen Lyons, directrice médicale à l’Université de Washington à St. Louis. Alors que la campagne vaccinale a été lancée il y a déjà plus de huit mois, elle est seulement devenue intensive au cours des trois ou quatre derniers mois. Ainsi, il est possible qu’il ne se soit pas écoulé suffisamment de temps pour identifier les patients ayant eu une forme longue après leurs vaccinations. Même son de cloche du côté du Dr Natasha Altman, cardiologue à l’hôpital UCHealth de l’Université du Colorado à Aurora : »Je pense que les tendances ne vont vraiment commencer à se confirmer que dans les six prochains mois », a-t-elle estimé.  

Quant aux personnes souffrant déjà de Covid long, la vaccination pourrait bien les soulager. C’est ce que semble indiquer une étude menée par le collectif britannique Long Covid SOS sur 812 patients. Les résultats de leurs travaux sont les suivants : en moyenne, 56,7% des malades souffrant d’un Covid long ont connu une amélioration globale des symptômes, 24,6% n’ont pas vu d’amélioration particulière et 18,7% ont signalé une détérioration de leurs symptômes. A noter que ces conclusions restent à prendre avec beaucoup de précaution. En effet, la possibilité que les symptômes se soient améliorés d’eux-même ne peut pas être exclue. 

Les effets du Covid long encore mal connus

Face au rajeunissement des malades dans les établissements de santé, de nombreux spécialistes s’interrogent sur les effets des cas de Covid long repérés chez cette tranche d’âge. » La demande est plus importante et on observe des gens de plus en plus jeunes. La moyenne d’âge dans mon service est de 44 ans. Du jamais vu », soulignait la semaine dernière auprès de L’Express Benjamin Davido, infectiologue à l’hôpital Raymond Poincaré de Garches. Invité sur le plateau de LCI, vendredi, Philippe Amouyel, épidémiologiste et professeur de santé publique au CHU de Lille alertait d’ailleurs sur les risques liés au Covid long. « Si les jeunes ont a priori moins de risque de développer une forme grave, le fait d’être infecté, même de façon asymptomatique, peut amener à faire des Covid longs avec toute une série de troubles dont on se demande maintenant comment on va les prendre en charge. » 

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Reste que les cas de contamination chez des personnes entièrement vaccinées sont rares. Dans l’Hexagone, les personnes non-vaccinées représentent 85% des patients hospitalisés, selon Santé publique France. 

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