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jeudi, juin 30, 2022

La stratégie « zéro Covid » au coeur de vifs débats en Australie et Nouvelle-Zélande

Eradiquer intégralement le virus sur le territoire. La promesse de la stratégie « zéro Covid », adoptée dans une poignée de pays dans le monde, dont la Chine, est simple. Elle s’oppose au « vivre avec », suivi par les pays européens notamment, comme la France. Mais son application, elle, peut parfois paraître difficile pour les habitants, appelés à se confiner au moindre nouveau cas détecté. 

Le très contagieux variant Delta a encore un peu plus compliqué la donne. Figurant parmi les plus emblématiques représentants du « zéro Covid », l’Australie et la Nouvelle-Zélande n’arrivent pas, à l’heure actuelle, et malgré les mesures drastiques prises pour lutter contre le Covid-19, à endiguer la hausse des contaminations dans leurs pays respectifs.  

Mercredi, l’Australie recensait environ 850 cas quotidiens, en moyenne. De loin son record depuis le début de l’épidémie. La Nouvelle-Zélande une cinquantaine seulement, mais non loin de son maximum, intervenu au printemps dernier, à 75 contaminations enregistrées en moyenne chaque jour. Les deux pays sont en retard sur la vaccination par rapport à nombre de pays occidentaux, avec respectivement 25 et 21% d’immunisés complets. En conséquence : les débats commencés début août sur le « zéro Covid » atteignent leur apogée ces derniers jours. 

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  • En Australie : un changement de cap annoncé… et très attendu

Le média australien ABC l’assure : la nation est divisée en deux camps de population. Il y a ceux vivant sous confinement strict, comme à Sydney (jusqu’à fin septembre) ou la capitale Canberra, qui appellent à assouplir les restrictions et à accélérer la vaccination. Puis il y a les autres, libres, plutôt satisfaits du « zéro Covid », efficace il faut le dire puisque moins de 1000 morts ont été recensés depuis l’apparition de la maladie. 

Mais la stratégie, c’est officiel, ne devrait plus durer très longtemps. Le mois dernier, les gouvernements fédéraux et les Etats, sous le patronage du Premier ministre Scott Morrison, ont convenu d’un plan national instaurant la fin des confinements durs à partir de 80% de la population éligible vaccinée. 

Un moment attendu par plusieurs représentants australiens, dont Gladys Berejiklian, la Première ministre de l’Etat de Nouvelle-Galles du Sud, le plus peuplé d’Australie, abritant Sydney. Cette dernière a pris les devants et annoncé un léger assouplissement des restrictions pour les personnes vaccinées à partir de mi-septembre. « C’était la meilleure option pour la santé mentale et le bien-être de notre population tout en présentant le moins de risque », a expliqué la dirigeante, citée par l’AFP.  

D’autres ne veulent toujours pas lâcher le « zéro Covid ». C’est le cas de Mark McGowan, à la tête de l’Etat d’Australie occidentale. « Nous nous réservons toujours le droit de verrouiller dans des endroits spécifiques si cela est absolument nécessaire », a-t-il déclaré, rapporte ABC. La récente vague est bien moins importante dans ce vaste Etat, avec seulement 3 cas détectés en moyenne par jour. Ce qui rend, évidemment, la poursuite du « zéro Covid » plus envisageable. 

  • En Nouvelle-Zélande : on s’accroche au « zéro Covid », pour combien de temps ?

En Nouvelle-Zélande, la Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern croît toujours dans le « zéro Covid ». Lors d’une conférence de presse, ce jeudi, la dirigeante a estimé que le variant Delta pouvait être éradiqué dans son pays, expliquant que les experts lui conseillaient de s’en tenir à une approche d’élimination. « De leur point de vue, non seulement c’est possible, mais c’est la meilleure stratégie et je suis totalement en accord », a-t-elle souligné jeudi en annonçant 68 nouveaux cas, rapporte l’AFP. 

Un débat s’est malgré tout ouvert dans le pays sur la pertinence de cette stratégie. Dans un premier temps, à cause des propos du ministre chargé de la lutte contre le Covid-19, Chris Hipkins. Ce dernier a concédé que la situation soulevait de « grandes questions » sur l’efficacité de la stratégie, dit encore l’agence de presse. Le Premier ministre australien, Scott Morrison, a lui aussi qualifié cette semaine cette stratégie de « simplement absurde », ajoutant: « la Nouvelle-Zélande ne peut pas y arriver ». Jacinda Ardern se dit toutefois prête à des ajustements si la vaccination progresse rapidement. 

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D’autres voix extérieures se font entendre. « Ce qui a fonctionné en 2020 n’est pas forcément pertinent en 2021 », a averti l’éditorialiste britannique Matthew Lesh, dans le Telegraph, il y a une semaine, à propos de la Nouvelle-Zélande. Selon lui, la stratégie locale, malgré ses bénéfices, a aussi des « conséquences effrayantes ». Celle-ci « donne à l’Etat une justification illimitée pour interférer avec nos vies de la manière la plus extrême. Le choix individuel, l’autonomie corporelle et l’intimité de base sont engloutis dans le but de supprimer tout ce qui pourrait nous faire même le plus petit niveau de mal (…) Nous avons tant sacrifié au nom de la sécurité publique. Mais à un moment donné, nous devons déclarer ‘assez, c’est assez’. » 

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