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dimanche, juillet 3, 2022

« La maturité de la technologie est là » : Hopium, le Tesla français, dévoile sa voiture à hydrogène

Jusqu’ici, ce n’était qu’une promesse. Celle de fabriquer une voiture à hydrogène française capable d’apporter un vent de fraîcheur, à la manière de Tesla sur le segment de l’électrique. Depuis ce jeudi 17 juin, l’engagement de la start-up française Hopium prend une tournure concrète puisqu’un premier prototype a été dévoilé. Oubliez les courbes un peu sages de la Toyota Mirai ou de la Hyundai Nexo. Présentée comme le véhicule à hydrogène du futur, la Machina Alpha Zero – c’est son nom – a des airs de batmobile. Il fallait bien cela pour s’attaquer au segment dit du « mid luxury » c’est-à-dire des véhicules dont le prix oscille entre 110 000 et 140 000 euros.  

« Ce qu’il faut retenir de cette journée, c’est ce que nous faisons ce que nous avons annoncé par le passé. Nous avions prévenu que la société entrerait en Bourse. Cela s’est réalisé en fin d’année dernière. Nous avions annoncé l’arrivée d’un prototype pour le mois de juin. C’est également chose faite. Il est même déjà capable de rouler à une vitesse de 200 km/h, ce qui se rapproche de nos objectifs (environ 230 km/h, ndlr) », commente Olivier Lombard, vainqueur aux 24 Heures du Mans en 2011 dans la catégorie LMP2 et fondateur de la société.  

Comment est née l’idée d’Hopium

L’histoire d’Hopium commence peu après la victoire du jeune pilote, lorsqu’il rejoint en 2012 le programme H24 de la société Green GT, dont le but est de développer une voiture à hydrogène pour la course. « C’est là que je me suis rendu compte du pouvoir incroyable de cette technologie, confie Olivier Lombard. A l’époque, je me demandais pourquoi aucun constructeur ne proposait de belle voiture à hydrogène. Les modèles sur le marché n’étaient pas très beaux, ni très performants. Du coup, leur prix me paraissait excessif ». 

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Habitué jusque là à d’autres types de bolides, Olivier Lombard prend le temps de s’immerger dans cette nouvelle technologie. « Il fallait tout réapprendre. Au lieu de parler de pistons, soupapes et consommation d’essence, on discutait plutôt de volts, d’ampères, de débit d’air ». Après sept années passées à enchaîner les tests , l’entrepreneur est convaincu : l’hydrogène représente l’avenir et la place des batteries doit être réduite au minimum. Ainsi la Machina n’embarquera qu’une seule batterie – bien plus légère que les blocs que l’on trouve dans les SUV d’aujourd’hui – et l’essentiel de l’électricité produite par le véhicule viendra de la technologie hydrogène. 

Une pile à combustible permettra de produire l’essentiel de l’électricité de ce véhicule haut de gamme

Hopium

Hopium reconnaît avoir été inspiré par le succès de Tesla. « Elon Musk s’est attaqué par le haut à un segment de marché en utilisant un design attirant et un très fort contenu technologique. C’est un peu ce que nous essayons de faire. Toutefois, les modèles électriques d’aujourd’hui ont leurs limites. Ce sont parfois de belles voitures mais s’il faut une heure pour les recharger et ne pas avoir une trop grosse autonomie, cela en vaut-il la peine ? L’hydrogène atteint aujourd’hui des performances impressionnantes et la maturité de la technologie est là », analyse Olivier Lombard.  

« Notre vision de l’automobile de demain, ce n’est pas de passer de 0 à 100 km/h en deux secondes »

La fabrication de la pile à combustible par exemple est désormais bien maitrisée : d’un côté, l’oxygène est filtré puis envoyé sous pression grâce à une turbine. De l’autre, l’hydrogène est acheminé depuis un réservoir. Le mélange des deux, au niveau d’une membrane recouverte de platine, produit une réaction électrochimique permettant de produire de l’électricité. Ce système, qui ne rejette que de la vapeur d’eau, a déjà été largement perfectionné. « Notre équipe, dont une partie a travaillé sur la version course du programme H24, sait par exemple comment réduire le poids du coeur de la pile, là où se font les échanges d’air et d’hydrogène, sans léser la puissance », commente Olivier Lombard. 

A propos de puissance, Hopium vise les 500 chevaux. Pas plus. « Notre vision de l’automobile de demain, ce n’est pas de passer de 0 à 100 km/h en deux secondes. Nous offrirons une puissance raisonnable pour un véhicule haut de gamme mais par contre, nous misons plutôt sur la recharge rapide permise par l’hydrogène et l’autonomie (Hopium vise les 1000 km, ndlr) ».  

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« Il y aura deux modes passagers : un où l’on conduit et l’autre où l’on ne conduit pas. Les deux offriront une expérience », assure Olivier Lombard. Le but est de pouvoir se faire plaisir sur la route grâce au comportement du véhicule, mais aussi de bénéficier de services variés ». Les préventes des 1000 premiers modèles sont désormais ouvertes. L’objectif d’Hopium est de pouvoir commercialiser son premier modèle dans le monde entier en 2026. Il sera ensuite temps d’élargir la gamme. « Il est encore trop tôt pour en parler mais nous avons déjà un calendrier », précise le chef d’entreprise. Encore un clin d’oeil à Tesla.  

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