12.1 C
Londres
dimanche, juillet 3, 2022

Fin du masque : « Les écoles ne doivent pas être les incubateurs d’une nouvelle vague »

Dix-huit mois de pandémie nous ont appris qu’il est impératif de garder la main sur la dissémination d’un virus qui n’a pas cessé de nous prendre de court et dont on ne connaît pas encore tous les impacts à long terme. La levée des restrictions ne doit être envisagée que quand des mesures plus robustes les remplacent avec efficacité. 

Or, la fin du port du masque à l’école ou le remplacement de la fermeture de classes par un simple test des cas contact sont envisagés en avance de phase par rapport au reste de la population, sans qu’aucun outil efficace et systématique de suivi épidémique ait été mis en place. C’est d’autant plus incompréhensible que l’école accueille des enfants de moins de 12 ans n’ayant pas accès à la vaccination et, qu’en raison du nombre élevé de cas asymptomatiques, ce virus circule subrepticement.  

Le monde entier connaît depuis des mois des oscillations au gré des vagues de contaminations qui s’abattent sur les pays les uns après les autres. Les pays qui parviennent mieux à gérer la protection de la santé, l’économie et les libertés sont les pays qui anticipent et ont fait le choix d’éliminer le virus par une stratégie d’élimination ou de suppression, c’est-à-dire de circulation faible du virus (Nouvelle-Zélande, Australie, Corée du Sud). Ils ont une démarche préventive. Ils regardent le futur avec circonspection et ne croient pas au miracle. Ils se préparent pour le pire afin de réduire la probabilité de confinements longs, stricts et durs qui économiquement ruineux, épuisent les populations, adultes comme enfants. 

Offre limitée. 2 mois pour 1€ sans engagement

Les pays d’Asie, du Pacifique et certains pays d’Europe s’organisent mieux pour empêcher au plus tôt une reprise des contaminations en détectant rapidement les cas grâce aux tests, en les traçant et en isolant les cas positifs. Ils sont sur le qui-vive et ne se satisfont pas d’une baisse des contaminations pour considérer que la bataille est gagnée et que les efforts peuvent être relâchés.  

Le vaccin ne suffira pas

On sait que le vaccin est un outil formidable qui limite les contaminations. On sait aussi que même déployé à grande échelle comme ça a été le cas en Israël, ou actuellement à Singapour, le vaccin utilisé seul peut ne pas être suffisant pour empêcher une nouvelle vague de déferler et même de causer une tension hospitalière et une augmentation – certes contenue – de la mortalité. On ne peut donc pas se contenter de cette mesure, en particulier quand elle n’est pas encore disponible pour 6 millions de moins de douze ans.  

Il est prématuré aujourd’hui de croire que l’épidémie est derrière nous et surtout nous devrions avoir compris combien il est coûteux de ne pas être en mesure d’anticiper les choses. A chaque fois que nous nous laissons surprendre par les contaminations, nous le payons cher en termes de décès, de libertés et d’économie. 

Il est donc temps de penser la gestion du risque épidémique sous forme additive et mettre en place les moyens de prévenir et détecter à grande échelle, afin d’envisager la levée durable de certaines restrictions. La fin du port du masque dans les écoles devrait s’accompagner d’un programme public ambitieux visant à une meilleure ventilation et filtration des locaux scolaires fermés (notamment : salles de classe, cantines, bibliothèques, salles de sport) et à des dépistages hebdomadaires, comme le recommandent le Conseil Scientifique et le Comité d’Orientation de Stratégie Vaccinale.  

Elle devrait aussi être conditionnée à l’incidence très faible, mesurée chez les enfants de moins douze ans, avec un engagement explicite des autorités à réinstaurer les mesures barrières sitôt que les seuils seraient refranchis à la hausse en sens inverse.  

La suppression du masque à l’école devrait donc être envisagée dans ce cadre de mesures préventives comprenant l’aération, le dépistage et les seuils. On ne peut pas se permettre de croire en un miracle alors que nous avons subi des confinements prolongés assortis d’un nombre de décès élevé et d’une économie durement touchée. La reprise de l’épidémie dans un grand nombre de pays devrait nous inviter à la prudence. Or l’Education nationale semble avoir du mal à réagir et s’adapter. C’est pourtant au coeur de cette institution que l’adaptation est la plus nécessaire, car elle est en charge d’enfants non vaccinés. Il est dans notre devoir de les protéger et dans notre intérêt de veiller à ce que les écoles ne constituent pas les incubateurs de la reprise de l’épidémie.  

L’application L’Express

Pour suivre l’analyse et le décryptage où que vous soyez

Télécharger l’app

*Antoine Flahault est docteur en médecine et en biomathématiques, directeur de l’Institut de santé globale, Faculté de médecine de l’université de Genève (Suisse), Cécile Philippe est présidente de l’Institut économique Molinari. Elisa Zeno est ingénieur de recherche, membre du collectif Ecole et Familles Oubliées. 

Opinions

Chronique

Par Pierre Assouline

Chronique

Par Gwénaëlle Avice-Huet, vice-présidente senior en charge de la stratégie de Schneider Electric

Chronique

Frédéric Filloux

Chronique

Par Etienne Chantrel, chef du service des concentrations à l’Autorité de la concurrence, membre de la Société d’Économie Politique.

Les dernières nouvelles
Nouvelles connexes

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici