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jeudi, juin 30, 2022

Faut-il arrêter les tournées des musiciens pour préserver le monde du réchauffement climatique ?

Le compositeur Fabien Lévy dénonce le «plaisir égoïste et irresponsable d’aller à des concerts avec des orchestres en tournée» en raison de l’empreinte carbone des déplacements en avion.

Alors qu’en début de semaine les compagnies aériennes du monde entier s’engageaient à atteindre le «zéro émission nette de CO2» d’ici 2050, afin de lutter contre le réchauffement climatique, Fabien Lévy tombe à pic. Dans sa tribune Du violon pendant que la Californie brûle parue le 30 septembre sur le site spécialisé Van, il s’engage pour la planète, s’inquiète de son avenir et milite pour espérer l’améliorer. Il parle émissions de CO2, empreinte carbone des avions et questionne l’industrie musicale quant à la fréquence de ses déplacements à l’internationale. Le compositeur français appelle notamment les commissaires d’événements musicaux internationaux et les orchestres en tournée à raisonner leurs trajets aériens. «C’est une contradiction de prétendre écrire l’avenir de l’histoire de la musique tout en jetant un voile sur notre vie sur cette planète», déclare-t-il.

Le compositeur s’est avant tout interrogé sur ce qu’il nomme son «plaisir égoïste et irresponsable», celui «d’aller à des concerts avec des orchestres en tournée» pour les voir en direct, lorsque des gens, «du Bangladesh au Kenya en passant par la Floride», souffrent du changement climatique. Et pour cause, le musicien s’est d’ores et déjà engagé de manière assez radicale : «En tant que compositeur, j’ai décidé de réduire considérablement mes déplacements professionnels et privés, même lorsque cela nuit à ma carrière, à mes besoins et à ceux de ma famille.» En tant que professeur à l’École supérieure de musique et de théâtre Felix-Mendelssohn de Leipzig, il s’est engagé à ne plus faire venir d’intervenant contraint de prendre l’avion pour être présent. Fabien Lévy considère comme «une contradiction totale et insupportable de préparer l’avenir de ces étudiants tout en le détruisant simultanément et activement.»

C’est pourquoi, le compositeur pousse les musiciens du monde entier à réduire leurs déplacements à l’étranger et à privilégier, dans la limite du possible, le train. Il le dit : le déplacement entre l’Europe et New York d’un orchestre, près de 80 musiciens et membres du personnel, représente une émission de 150 tonnes de CO2. Précisant par la suite que : «20 tonnes de CO2, c’est plus de trois fois les émissions annuelles de CO2 par personne en Italie, en Grande-Bretagne ou en France .» Il pense que les artistes ne peuvent pas être considérés comme contribuant au patrimoine culturel humain lorsqu’ils détruisent «le patrimoine naturel de la planète et nuisent à la vie des générations futures et de tous les enfants vivants.»

Un code de bonne conduite

La solution résiderait, selon lui, dans la création d’un code de bonne conduite environnementale. Ce dernier inciterait les commissaires d’évènements musicaux à regrouper les tournées européennes pour des périodes plus longues, le tout, afin de limiter les déplacements inutiles. Il pousserait également les musiciens à favoriser les trajets en train qui sont, pour le moment, mis de côté «pour des raisons politiques – déplorable ! – les tarifs ferroviaires sont souvent plus élevés que les tarifs aériens.» Il argue : «Les politiques de financement et de programmation devraient être ajustées pour privilégier des critères durables – l’intelligence du contenu artistique ainsi que le respect de l’environnement – ​​plutôt que le profit et le prestige.»

La limite d’un tel code de bonne conduite réside dans le risque, pour les orchestres, «de lourdes pertes s’ils réduisent leurs déplacements internationaux ou augmentent leurs coûts et contraintes de déplacement.» De plus, en ce qui concerne les salles de concert «la participation d’invités internationaux est un important baromètre de prestige.» Si un jour elles venaient à devoir s’en passer, l’avenir de certaines, dans un «monde de la musique extrêmement compétitif et précaire», ne serait peut-être pas assuré.

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