13.7 C
Londres
jeudi, juin 30, 2022

Est-on bien protégé du Covid-19 sept jours après la deuxième dose ? Ce que dit la science

« Désormais, seuls sept jours suffiront pour être considéré comme totalement protégé en France et accéder au passe sanitaire. Les règles européennes des quatorze jours restent inchangées pour le moment », a prévenu Olivier Véran, mardi soir, sur son compte Twitter.  

La nouvelle s’inscrit dans le changement de stratégie voulu par les autorités sanitaires françaises contre le Covid-19. Avec comme nouvel objectif d’inciter au maximum à la vaccination, afin d’atténuer les effets d’une quatrième vague désormais inévitable due à la poussée du variant Delta. Pour cela, et dès le 21 juillet, tous les évènements de plus de 50 personnes nécessiteront la présentation du passe sanitaire. Début août, ce sera au tour de lieux du quotidien comme les restaurants, les bars et les transports (longs). 

Le raccourcissement du délai afin d’obtenir son passe « complet » a toutefois suscité une certaine méfiance chez bon nombre d’internautes. « Délai raccourci entre 2 doses et maintenant, on est protégés au bout de 7 jours, alors que les centres de vaccination insistent bien sur l’immunité au bout de 14 jours. Un peu de cohérence nous ferait du bien », tacle l’un d’eux sous l’annonce du ministre de la Santé. Le scepticisme atteint aussi une poignée de médecins. « La science façon camelot…(…) La science sans la science », fustige notamment Jérôme Marty, président de l’Union française pour une médecine libre (UFML), toujours sur Twitter.  

Offre limitée. 2 mois pour 1€ sans engagement

En considérant un vacciné protégé après deux doses et sept jours, au lieu de quatorze, Olivier Véran fait-il courir un risque à la population ? Pas vraiment, d’après plusieurs études. 

Un gain marginal après sept jours en théorie

Il faut le savoir, la première dose déclenche la réponse immunitaire face au Covid-19. La deuxième, quant à elle, la renforce et la fait durer plus longtemps. Au bout de quatorze jours après la deuxième injection, assurent les concepteurs des vaccins, la protection maximale promise par le sérum est atteinte. Et avant ? 

Une étude, la plus vaste en vie réelle sur le vaccin Pfizer-BioNTech (le plus utilisé en France), menée en Israël, est rassurante sur la capacité du vaccin à bien protéger au bout de sept jours. Dans ses résultats publiés en mai dernier, il apparaît que le vaccin Comirnaty écarte le risque d’infection à 95,3% au bout de sept jours. Cette protection gagne 1,2 point une semaine plus tard (96,5%). L’écart, pour les cas graves nécessitant une hospitalisation n’est que de 0,8 point dans ce laps de temps, le vaccin offrant une protection de 97,2% (contre 98% après quatorze jours). 

Efficacité du vaccin Pfizer-BioNTech contre le Covid-19 (étude israélienne)

L’Express

Une autre étude pharmaco-épidémiologique, réalisée cette fois en France, met également en avant le fort taux de protection des plus fragiles dès sept jours après la seconde dose. « Le risque de forme grave de Covid-19 diminue ainsi de 87% chez les personnes de plus de 75 ans, dès 7 jours après l’injection de la deuxième dose. Cela signifie qu’elles ont neuf fois moins de risques d’être hospitalisées pour Covid-19 que les personnes de plus de 75 ans non vaccinées », écrivait l’Assurance maladie en mai. Un taux a priori jugé satisfaisant par Olivier Véran, qui a également reçu un avis favorable de la part du Conseil scientifique et du « Monsieur vaccin » du gouvernement, Alain Fischer. 

Et pour le variant Delta ?

Ces deux études ne prennent cependant pas en compte l’arrivée récente du variant Delta, plus transmissible que les précédents, et devenu majoritaire en France. Pour l’heure, aucune n’a de recul sur l’efficacité des différents vaccins contre les formes graves du virus. 

Des travaux canadiens plus récents, mais pas encore évalués par les pairs, estiment toutefois le niveau de protection du vaccin Pfizer-BioNTech contre une infection symptomatique au Delta à 87% au bout d’une semaine après la deuxième dose. C’est seulement deux points de moins que pour l’Alpha, détecté au Royaume-Uni (89%).  

L’application L’Express

Pour suivre l’analyse et le décryptage où que vous soyez

Télécharger l’app

Une autre étude, publiée dans la revue The Lancet, sur 19 543 infections confirmées en Ecosse entre le 1er avril et le 6 juin, donne un peu plus d’informations sur l’efficacité du vaccin Pfizer contre le Delta. Ses résultats confirment qu’un pic d’efficacité est atteint dans la première quinzaine de jours après la seconde injection, à 84% pour les formes symptomatiques du virus, sans dire précisément l’efficacité atteinte le dernier jour. 

Opinions

Chronique

Par Sylvain Fort

Ultimatum

par Christophe Donner

Idées et débats

Par Yascha Mounk

Chronique

par Bruno Tertrais

Les dernières nouvelles
Nouvelles connexes

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici