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samedi, juin 25, 2022

Décollage réussi pour le télescope James Webb, en route pour explorer l’univers

Avant d’aller fouiller les confins de l’univers, il fallait d’abord quitter la terre. Première mission accomplie, ce samedi, pour le télescope spatial James Webb (JWST), sur lequel reposent de grands espoirs scientifiques, et peut-être, quelques réponses à des questions que l’être humain se pose depuis des millénaires : « d’où venons-nous? » et « sommes-nous seuls dans l’univers? ». 

Le JWST, le plus puissant télescope spatial jamais conçu, a décollé avec une fusée Ariane 5 du Centre spatial guyanais à 13h20, avant de se séparer 27 minutes plus tard, comme prévu. « Bonne séparation Webb télescope, Go Webb », a annoncé le directeur des opérations de lancement Jean-Luc Voyer depuis le bocal du centre de contrôle, à Kourou, sous des tonnerres d’applaudissements. 

« Une importante étape a été franchie », a tweeté la Nasa, qui a fabriqué le JWST avec la collaboration des agences spatiales européenne (ESA) et canadienne (ACS). Le groupe Arianespace a salué de son côté « le meilleur cadeau de Noël qui soit », avec ce lancement. 

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Juste après son envol, le télescope a survolé l’Atlantique, puis l’Afrique, jusqu’à la séparation finale, intervenue à 1400 km d’altitude et une vitesse de plus de 34 000 km/h. Une caméra embarquée sur l’étage supérieur d’Ariane a montré cette séparation et surtout le déploiement des panneaux solaires du James Webb.  

Le télescope James Webb au moment de sa séparation avec Ariane 5, peu après son décollage de Kourou.

AFP PHOTO / NASA TV

Ce n’est que le début du chemin pour le JWST. Ce déploiement progressif s’avère pour le moins délicat. « Il y a 344 points de défaillance, environ 80% d’entre eux [275, NDLR] sont associés au déploiement », avait prévenu Mike Menzel, le principal ingénieur de la mission Webb pour la Nasa, en novembre. Dans le détail, 140 mécanismes d’ouverture, avec 400 poulies et presque 400 mètres de câbles. 

Autre condition impérative au bon fonctionnement du JWST, dont le développement a coûté dix milliards de dollars : une température ambiante si basse qu’elle ne trouble pas l’examen de la lumière. Il sera protégé du rayonnement solaire par un bouclier thermique de cinq voiles souples qui dissipera la chaleur, abaissant la température (qui est de 80°) à -233 degrés côté télescope. Il faudra plusieurs semaines pour savoir si le télescope est prêt à fonctionner. Avec une entrée officielle en service prévue en juin.  

Dans les pas d’Hubble

Si tout se passe bien, JWST apercevra les lueurs de « l’aube cosmique », quand les premières galaxies ont commencé à éclairer l’univers depuis le Big bang, il y a 13,8 milliards d’années. Ce faisant, il permettra de mieux comprendre la formation des étoiles et des galaxies. Il pourra également observer les exoplanètes dont les astronomes découvrent toujours plus de spécimens, pour y identifier peut-être un jour d’autres Terres. En bref, JWST est bien parti pour révolutionner notre connaissance de l’univers. 

Le télescope va marcher dans les pas du télescope Hubble, qui a lui aussi déjà révolutionné l’observation de l’univers : c’est grâce à lui que les scientifiques ont découvert l’existence d’un trou noir galactique au centre de toutes les galaxies, ou de vapeur d’eau autour d’exoplanètes. Imaginé par la Nasa dès le lancement de Hubble en 1990, le JWST s’en distingue à plus d’un titre. La taille de son miroir, de 6,5 mètres d’envergure, lui procure une surface et donc une sensibilité sept fois plus grande, suffisante pour détecter la signature thermique d’un bourdon sur la Lune.  

Contrairement à Hubble, le James Webb Space Telescope (JWST) ne sera pas en orbite autour de la Terre.

NASA

Autre différence: son mode d’observation. Là où Hubble observe l’espace essentiellement dans le domaine de la lumière visible, James Webb s’aventure dans une longueur d’onde échappant à l’oeil : l’infra-rouge proche et moyen. Un rayonnement que tout corps, astre, humain ou fleur, émet naturellement. Cette lumière sera étudiée par quatre instruments, munis d’imageurs et de spectrographes pour mieux la disséquer. Leur développement a mobilisé une pléthore d’ingénieurs et scientifiques, sous la houlette de laboratoires et industriels américains et européens. 

La salle d’opération à Kourou, en Guyane, avant le décollage de la fusée Ariane 5 embarquant le télescope spatial James Webb.

Getty Images via AFP

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Grâce à cela « en regardant les mêmes objets (qu’avec Hubble), on verra de nouvelles choses », expliquait à Paris l’astronome Pierre Ferruit, co-responsable scientifique du télescope pour l’ESA. Par exemple les premières galaxies, des objets dont l’éloignement a fait virer leurs lumières vers le rouge. Ou les jeunes colonies d’étoiles, qui grandissent masquées dans les nuages de poussière de leurs pouponnières. Ou encore l’atmosphère des exoplanètes. Enfin, si tout se passe bien. « Croyez-moi, le jeu en vaut largement la chandelle », veut cependant croire Pierre Ferruit, auprès de L’Express. 

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