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dimanche, juillet 3, 2022

De La Rochelle à Arles, l’été enchanté de Gaël Faye sur la route des festivals

NOUS Y ÉTIONS – Le rappeur et écrivain enchaîne les dates pour défendre son deuxième album solo, Lundi méchant. Tout à la joie de retrouver le public.

Le ciel est d’un bleu sans entrave à son arrivée à La Rochelle en ce matin de juillet. Gaël Faye découvre la scène Jean-Louis-Foulquier des Francofolies, espace aux allures d’hippodrome. Sous le cagnard de l’été, vêtu d’une chemise multicolore, il fait ses balances son ; seul face à la fosse et à la foule en devenir. Au-delà des remparts qui surplombent la scène, les passants s’arrêtent et applaudissent. Les écouteurs dans les oreilles, l’artiste n’entend rien d’autre que les instrumentales et les retours voix de son équipe. C’est un dimanche après-midi, veille de Lundi méchant, titre de son dernier album. À Bujumbura, dans son Burundi natal, on célèbre l’entrée dans chaque nouvelle semaine en boîte de nuit. Du dimanche soir jusqu’à l’aube. Le Franco-Rwandais de 39 ans a emporté la tradition dans ses valises et la perpétue à travers l’Hexagone.

Lundi Méchant survient sept ans après Pili pili sur un croissant au beurre et quatre ans après son roman Petit pays, écoulé à plus d’un million d’exemplaires. Un album riche lyriquement, fidèle à l’ADN du poète, qui mêle sonorités douces et mélancoliques et morceaux plus rythmés et enjoués. Avec un mot d’ordre : l’espoir.

L’espoir, tout le monde en a besoin en cet été 2021. Lui le premier. Il reprend la route des festivals après 18 mois vides de concert. Entre juin et août, il inscrit à son agenda 18 festivals aux quatre coins du pays, pour défendre son album sur scène. «On a passé du temps à préparer cette tournée dans un studio de répétition en région parisienne, confie-t-il. C’est un moment très attendu après un an et demi d’inactivité. On voulait sortir cet album en novembre, malgré les conditions sanitaires d’alors. Notre travail a été bien reçu virtuellement, mais vivre ces moments en live, il n’y a rien de tel. À présent nous sommes des nomades, sillonnant les chemins de France depuis le huis clos de notre tour bus.»

À La Rochelle, l’heure est encore calme. Concentré, sur l’une des cinq chaises en osier qui habitent sa loge exiguë, l’interprète lace ses chaussures en murmurant ses textes. Sur le point d’y aller, il se confie. «La scène c’est quelque chose d’incroyable. À chaque performance, un bout de sa vie se joue. Aller chercher les gens, donner, recevoir, partager ces moments ensemble, laisser opérer la magie, c’est ça qui est magnifique.»

Il est 20h. Le soleil est encore haut dans le ciel. Une équipe de télévision est prête à assurer la captation du concert. Dans la foule, petits et grands, jeunes et moins jeunes, sont accoudés aux barrières et attendent impatiemment l’entrée en scène du chanteur. À l’abri des regards, Gaël Faye achève sa séance d’étirements par quelques sautillements, tel un boxeur avant le ring. Le gong sonne ; ce sont les premières notes de guitare de Lundi méchant qui remplissent l’air iodé.

Pendant une heure, Gaël enchaîne les titres de son album, suivant une traklist qu’il choisit minutieusement avant chaque date. «Je réfléchis en amont à ce que l’on va jouer, en fonction de l’atmosphère, du public attendu», explique-t-il.

Vient Boomer, titre le plus dansant de l’album, qui détourne l’expression, aujourd’hui populaire, pour en faire un joyeux cri de ralliement. La foule s’enflamme tout à fait et Gaël Faye avec elle. Il franchit les barrières pour aller chercher des spectateurs et les inviter à danser avec lui. La magie du live opère. L’énergie ne redescendra plus. Camille et Martin, deux jeunes qui passaient le bac cette année, sont dans la foule. «J’ai d’abord été séduite par le livre, que nous avons étudié en classe, raconte la lycéenne. Ensuite j’ai découvert sa musique. Sur scène, il donne autant que dans son livre. C’est fou!»

Foule de spectateurs dans la fosse de la scène Jean-Louis-Foulquier. Serriere Arnault/ABACA

À La Rochelle comme, quelques jours plus tard, au festival de Sud Arles, l’accueil est invariablement chaleureux. Dans le majestueux théâtre antique, alors que les dernières notes du set résonnent, les lumières se rallument doucement. Une mère et sa fille restent assises l’une à côté de l’autre. Toutes les deux brunes, aux traits si similaires qu’elles passeraient pour des sœurs, racontent, émues. «Sa plume nous parle autant à toutes les deux. Il n’y a pas meilleure manière de retourner voir du live qu’en écoutant Gaël Faye. Ma préférée, c’est Only way is up, avec Jacob Banks! On est heureuse de pouvoir revivre ces moments forts en festival. » Pour faire durer le plaisir, nombreux sont celles et ceux qui attendent le chanteur à la fin du concert pour lui lancer un mot doux ou demander une photographie.

Les annonces du gouvernement qui ponctuent l’été 2021 n’ont pas tout à fait bouleversé la programmation de Gaël Faye : trois dates sont encore prévues fin août. « Le rythme des festivals est très singulier ; on ne sait jamais comment on va être reçu, témoigne-t-il. C’est une remise en question permanente. J’ai à peine digéré un concert qu’il faut déjà se mettre dans une nouvelle performance. Mais c’est aussi ça qui rend ce métier addictif. »

Capture d’écran du compte twitter officiel de Gaël Faye @GaelFaye

Prochaines dates : le 25 août au festival Woodstower (Vaulx-en-Velin), le 26 août au festival Cabaret vert (Charleville-Mézières) et le 28 août au O’Tempo festival (Boigny-sur-Bionne).

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