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lundi, mai 16, 2022

Covid-19 : quelle couverture vaccinale faudrait-il atteindre contre le variant Delta ?

Plus redoutable encore que l’Alpha et devenu majoritaire en France, le variant Delta est une épine dans le pied d’un gouvernement qui rêvait d’un été tranquille. Emmanuel Macron doit s’exprimer ce lundi soir, à 20 heures, depuis l’Élysée sur les mesures pouvant éviter une quatrième vague de Covid-19 liée à la propagation de cette mutation du SARS-CoV-2 venue d’Inde. Le ministre de la Santé, Olivier Véran, estime qu’à ce rythme, le seuil des 20 000 nouvelles contaminations par jour sera franchi d’ici début août. 

Le président de la République devrait sans surprise rappeler combien la vaccination permet d’atténuer la hausse des cas et donc, potentiellement, de sauver des vies. Au 8 juillet, 52.75% des Français avaient reçu au moins une dose de vaccin, 39.33% avaient complété leur cycle et sont donc complètement immunisés. Reste à poursuivre l’effort, qui se tarit quelque peu ces dernières semaines, malgré un léger rebond des rendez-vous détecté sur la plateforme Doctolib. 

La question de l’obligation vaccinale pour les soignants et d’autres professions est sur la table. Est-ce que cela suffira ? A vrai dire, les conditions pour atteindre la fameuse immunité collective ont changé. Pour l’épidémiologiste Dominique Costagliola, 90% de la population devra être vaccinée afin de tirer un trait sur la crise, a-t-elle affirmé ce lundi sur BFM TV. Loin, très loin des 60% évoqués au tout début de l’épidémie par les spécialistes et dont la France s’approche. Pourquoi ? 

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L’épineuse question du R0

« Le niveau nécessaire pour passer ou rester sous le seuil d’immunité collective dépend du nombre de reproduction de base de la maladie (R0), c’est-à-dire du nombre moyen d’individus immunologiquement naïfs qu’un sujet va infecter après contact. Plus ce taux de reproduction de base est élevé, plus le pourcentage de sujets immunisés doit être élevé », explique consciencieusement l’Institut Pasteur.  

Ce R0 varie nettement selon le virus. Celui de la grippe saisonnière se situe à 2, celui de la souche d’origine du Covid-19 à 3. En avril, l’Institut Pasteur estimait que le variant anglais, depuis renommé Alpha, était à 4, tout comme le Delta. François Balloux, professeur à l’Université College of London et directeur de l’institut de génétique UCL, estimait auprès de L’Express que le pourcentage de la population qui doit être immunisée pour stopper sa circulation se situait au-dessus de 70-75%, soit 47 des 67,4 millions de Français. 

Mais peu après, une poignée d’études l’ont confirmé : le Delta est plus transmissible. De l’ordre de 40 à 60% de plus que l’Alpha. Dès lors, début juillet, Benoît Elleboode, directeur de l’ARS Nouvelle-Aquitaine, l’évaluait quant à lui à 6 le R0 du Delta. Certaines estimations grimpent même jusqu’à un R0 chiffré à 8. 

Atténuer la vague, plutôt que de l’éviter

Tout ceci reste théorique. Mais on comprend que l’immunité collective se négocie à au moins 80% de la population vaccinée, voire 90% comme l’affirme Dominique Costagliola. Plus de deux fois le taux actuel. Elle ne sera donc pas atteinte d’ici les prochaines semaines. Le gouvernement vise 40 millions de premières injections fin août, et 35 millions de personnes totalement vaccinées. 

Dans son dernier avis, le Conseil scientifique, qui relaye les dernières modélisations de l’Institut Pasteur, préfère donc estimer le nombre de vaccinés par classe d’âge permettant d’atténuer une hypothétique vague, sans pour autant l’éviter. « Par exemple, pour une couverture vaccinale de 70% chez les 18-59 ans et 90% chez plus de 60 ans, la vaccination de 50% des adolescents de 12-17 ans permettrait de réduire la taille du pic de 53% pour un R0=4 et de 33% pour un R0=5 », écrit-il. 

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Les scientifiques de l’Institut Pasteur ne vont pas plus loin que ce R0=5, déjà très exigeant. Dans ce cas précis, « pour obtenir un pic moins élevé que la seconde vague, une couverture de 30% des adolescents, de 90% des adultes, et de 90% des plus de 60 ans serait nécessaire », notent-ils. Des niveaux pas encore atteints en France, tant s’en faut. En particulier chez les adolescents : seuls 2% d’entre eux sont aujourd’hui complètement vaccinés. Environ 15% ont reçu au moins une dose.  

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