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dimanche, juillet 3, 2022

Covid-19 : quatre questions sur le rétro-tracing, généralisé en France à partir de juillet

Après avoir été expérimenté dans plusieurs départements, le « traçage à la japonaise » va bientôt s’imposer partout en France. Le rétro-tracing, qui sera généralisé dans le pays début juillet, va permettre de « remonter plus haut dans les chaînes de contamination » pour identifier « les moments, les lieux, les événements » à l’origine de la transmission du Covid-19 ainsi que tous ceux qui ont été « co-exposés ». Cette enquête plus poussée a prouvé son efficacité et est particulièrement adaptée au contexte sanitaire actuel en France, avec moins de 5000 cas par jour.  

Jusqu’à maintenant, le tracing avait pour objectif d’identifier les cas contacts d’une personne positive au Covid-19 en remontant sur une période de 48 heures pour les symptomatiques et de sept jours pour les asymptomatiques. Le rétro-tracing ira « plus loin sur la chaîne de contamination » en prenant en compte les dix jours ayant précédé l’identification de la maladie, a expliqué jeudi Thomas Fatôme, directeur général de la Caisse nationale de l’Assurance Maladie (Cnam) lors d’une conférence de presse. 

« Cette enquête sanitaire plus approfondie », comme la décrit Pierre Rousseau, directeur général de la CPAM de Loire-Atlantique, permettra « d’aller interroger la personne positive sur les raisons, les éléments ou les moments de contamination, plus ou moins collectifs, qui ont pu être la source de cette contamination » si cette dernière s’est produite hors du foyer.  

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L’objectif est également de débusquer des « co-exposés » qui ont partagé avec le positif ces événements de contamination. Avec en ligne de mire la volonté de les inciter à s’isoler. « C’est vraiment de la relation humaine, on est là pour convaincre, pas pour contraindre », explique Thomas Bouvier, sous-directeur chargé du contact tracing à la CPAM de Loire-Atlantique, auprès du Monde. Et la méthode se révèle efficace : elle permet d’identifier onze contacts par personne, contre en moyenne deux ou trois avec celle classique, selon le quotidien.  

  • Son déploiement n’est-il pas tardif ?

Le dispositif a en réalité été testé pendant deux mois (avril et mai) dans deux départements, la Côte-d’Or et la Loire-Atlantique. Le 1er juin, le rétro-tracing était effectif dans 17 départements, 43 autres ont été inclus le 15 juin et le dispositif sera généralisé à toute la France le 1er juillet. 

Il s’agit d’un déploiement orchestré en fonction des prévisions de circulation épidémique. « Le consensus scientifique nous dit que ce dispositif n’est valable, n’est efficace qu’au-dessous d’un seuil de circulation qui correspond à peu près à 5000 cas par jour », a précisé Thomas Fatôme. Or, c’est le cas depuis la semaine dernière en France. 

  • Qui sera derrière le travail d’enquête ?

Comme pour le tracing dit « classique » ou « prospectif », l’Assurance maladie est aux manettes. Mais avec des questions « réajustées », « plus intrusives », « puisque la seule question ne consiste pas à savoir quelles personnes on aurait pu contaminer mais dans quelle situation, dans quel lieu, à quel moment », note Pierre Rousseau.  

Selon les données obtenues lors de l’expérimentation, quand la contamination s’est produite hors du foyer, 10% des personnes sont capables d’identifier leur circonstance de contamination, « autant de situations que l’Assurance maladie va pouvoir investir ». Et selon ces mêmes chiffres, à consolider au niveau national, cette identification permet en moyenne de débusquer une quinzaine de personnes co-exposées (dont 10%, environ deviennent positives). 

Dans certains cas, les agences régionales de santé (ARS) pourront prendre la main. « Notamment quand l’événement trouvé ne permet pas à l’Assurance maladie d’identifier nominativement toutes les personnes », explique Jean-Baptiste Calcoen, directeur de la mission nationale tracing à la Cnam, citant les compétitions sportives, les réunions culturelles, les foyers, les établissements hospitaliers… 

Elles pourront également avoir à se déplacer « pour délier les langues », quand la contamination a eu lieu lors d’un événement interdit, où « sans que les parents soient au courant », note Pierre Rousseau. 

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  • A quoi servira également cette technique ?

Selon l’Assurance maladie, le rétro-tracing permettra également de renforcer la recherche de variants. Le dispositif devrait aussi permettre d’identifier des types d’événements, de lieux plus contaminants. « Probablement que d’ici quelques semaines, nous pourrons dire s’il y plus de risque d’être contaminé en participant à tel type d’événement ou à tel autre », selon Jean-Baptiste Calcoen. Ce dispositif pourrait ainsi se révéler indispensable, alors que des spécialistes redoutent l’arrivée d’une nouvelle vague à l’automne. 

OpinionsPar Christophe Donner

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