15.8 C
Londres
mercredi, juillet 6, 2022

Covid-19 : l’Euro de football joue-t-il un rôle dans la reprise de l’épidémie en Europe ?

Déplacements de population, rassemblements, gestes barrière pas toujours respectés… L’Euro de football semble combiner de nombreux vecteurs pour favoriser un rebond épidémique en Europe. Malgré les consignes sanitaires édictées par l’UEFA pour maintenir la compétition – déjà reportée d’un an – malgré la pandémie, les chiffres sont équivoques.  

La semaine dernière, les cas de contamination au Covid-19 ont augmenté de 10% en Europe après dix semaines consécutives de recul, a alerté l’OMS. « Il y aura une nouvelle vague dans la région européenne, sauf si nous restons disciplinés », a affirmé le directeur de l’OMS Europe Hans Kluge lors d’une conférence de presse en ligne jeudi denrier. La circulation de plus en plus active du variant Delta met à mal les progrès réalisés jusqu’ici par les différents pays pour éradiquer l’épidémie. La Russie et le Royaume-Uni, notamment, tous deux pays hôtes, sont durement touchés par la souche détectée en Inde. L’OMS s’attend à ce qu’il constitue 70% des nouveaux cas européens début août et 90% fin août. 

Des consignes pas toujours respectées

Les masques sont obligatoires à tout moment dans tous les stades de la compétition, et une distance minimale de 1,5 mètre doit être respectée, selon l’UEFA. Mais les jauges de spectateurs ainsi que les justificatifs ne sont pas les mêmes dans tous les pays hôtes. Ainsi, comme le remarque Le Figaro, toutes les villes exigent un test PCR négatif de moins de 72 heures ou une preuve de vaccination à l’entrée du stade, sauf celles accueillant le plus de public : Bakou, en Azerbaïdjan, et Saint-Pétersbourg, en Russie.  

Un steward brandit un panneau demandant de porter un masque facial avant le match de football du groupe F de l’UEFA EURO 2020 entre l’Allemagne et la Hongrie à l’Allianz Arena de Munich, le 23 juin 2021

ALEXANDER HASSENSTEIN / POOL / AFP

Offre limitée. 2 mois pour 1€ sans engagement

Pour les demi-finales et la finale, la capacité du stade de Wembley, à Londres, va grimper jusqu’à 75%, soit environ 60 000 supporters. En comparaison, la capacité de l’Allianz Arena de Munich, qui a aussi accueilli des matchse de l’Euro en Allemagne, a été fixée à 20%, soit environ 14 000 spectateurs. 

Par ailleurs, les gestes barrière, comme les distances sociales, ne sont pas toujours respectés dans les stades où les supporters sont parfois, comme on l’a vu en Hongrie, les uns sur les autres. 

Des supporters hongrois applaudissent avant le match de football du groupe F de l’UEFA EURO 2020 entre la Hongrie et la France à la Puskas Arena de Budapest, le 19 juin 2021

FRANCK FIFE / POOL / AFP

Des centaines de supporters contaminés

En Russie, malgré la virulence de la nouvelle vague où le variant Delta représente 97% des contaminations, les autorités ont maintenu la tenue à Saint-Pétersbourg, vendredi dernier, du quart de finale de l’Euro de football entre l’Espagne et la Suisse devant des milliers de supporters, notamment étrangers. Là encore, c’est un rassemblement qui peut participer à la propagation du variant, 40 à 60% plus transmissible que l’Alpha, détecté d’abord au Royaume-Uni. 

Les supporters de la Suisse applaudissent pendant le match de football de quart de finale de l’UEFA EURO 2020 entre la Suisse et l’Espagne au stade de Saint-Pétersbourg, le 2 juillet 2021

Dmitri Lovetsky / POOL / AFP

Par ailleurs, près de 300 supporters finlandais, venus soutenir leur équipe lors des phases de poule, sont revenus de l’ancienne capitale russe positifs au nouveau coronavirus, selon Helsinki. Cette semaine, l’Agence sanitaire écossaise a également révélé que près de 2000 Ecossais qui s’étaient rendus à Londres pour le match Ecosse-Angleterre étaient porteurs du virus… Environ 400 d’entre eux ont assisté au match depuis le stade de Wembley tandis que les autres l’ont suivi depuis la fanzone ou les bars environnants, rapporte Le Figaro. 

Interrogé sur le risque que l’Euro de football ait joué ou joue le rôle de « supercontaminant », le directeur de la branche européenne de l’OMS a répondu : « J’espère que non, mais je ne peux pas l’exclure ». Mais « l’augmentation des brassages, des voyages, des rassemblements et de l’assouplissement des restrictions sociales » peut en effet favoriser un rebond épidémique. 

Mieux suivre les fans

Pour Antoine Flahault, directeur de l’Institut de santé globale à l’université de Genève, il n’y a pas de doute : « Si on voulait ensemencer l’Europe de ce variant Delta, on ne s’y prendrait pas autrement. C’est un non-sens total d’envoyer des supporters dans des endroits à très haut risque, alors qu’il n’aurait pas été très compliqué d’envisager de déplacer ces matches qui ont lieu dans des villes de pays à risque vers des villes de pays à moindre risque », fustige-t-il auprès de l’AFP. 

L’OMS appelle alors à suivre de plus près les spectateurs, et pas seulement au stade. « Nous avons besoin de regarder bien au-delà des stades eux-mêmes », a souligné Catherine Smallwood, une autre responsable de l’organisation sanitaire onusienne, interrogée sur les recommandations face à la hausse des cas. « Ce que nous devons regarder autour des stades c’est comment les gens s’y rendent, est-ce qu’ils se déplacent dans des convois de bus bondés ou est ce qu’ils appliquent des mesures individuelles ? », a-t-elle souligné en mettant en garde : « Ce que nous observons c’est qu'(une nouvelle vague) pourrait arriver avant l’automne », a-t-elle mis en garde. 

L’application L’Express

Pour suivre l’analyse et le décryptage où que vous soyez

Télécharger l’app

Dans un entretien au quotidien régional Augsburger Allgemeine paru mardi dernier, le ministre allemand de l’Intérieur a de son côté exhorté le gouvernement britannique et l’UEFA à réduire le nombre de supporters admis dans le stade de Wembley pour les derniers matches de l’Euro. « Je trouve cela irresponsable que des dizaines de milliers de gens se rassemblent sur des espaces étroits dans des pays classés à risque à cause du très contagieux variant Delta », comme c’est actuellement le cas de la Grande-Bretagne. 

Opinions

Ultimatum

par Christophe Donner

Ayez confiance

Nicolas Bouzou

Chronique

Stefan Barensky

Numérique

Par Frédéric Filloux

Les dernières nouvelles
Nouvelles connexes

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici