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dimanche, juillet 3, 2022

Covid-19 : les résultats décevants du vaccin à ARN messager de CureVac

Si elle était attendue, la déception se confirme outre-Rhin. Le vaccin développé par le laboratoire allemand CureVac n’est efficace qu’à 48% pour prévenir le Covid-19, un taux bien plus faible que les autres vaccins à ARN messager déjà approuvés, selon des résultats complets d’un essai clinique à grande échelle, a annoncé la société mercredi. Chez les participants à l’essai, « le candidat-vaccin CVnCoV a démontré une efficacité globale de 48% (83 cas dans le groupe vacciné, 145 dans le groupe placebo) contre la maladie Covid-19, quelle que soit sa gravité », a indiqué dans un communiqué le laboratoire, qui a signé un important contrat de commande avec l’Union européenne. 

Ce résultat était prévisible après la publication mi-juin d’analyses intermédiaires décevantes des essais cliniques de ce vaccin attendu. Le laboratoire avait mis en cause la diffusion rapide des nouveaux variants. « Nous avions espéré des résultats plus solides dans l’analyse intermédiaire, mais nous avons constaté qu’il est difficile d’obtenir une efficacité élevée avec cette gamme de variants sans précédent », avait déclaré à l’époque le PDG du laboratoire Franz-Werner Haas mi-juin. CureVac indique que la performance de son produit est légèrement meilleure dans la tranche d’âge des 18-60 ans, où l’efficacité atteint 53%. Au sein de ce groupe, l’effet protecteur contre les formes modérées et graves de la maladie atteint 77% et il est de 100% dans la prévention des hospitalisations et des décès, selon le communiqué. 

En revanche, « chez les participants âgés de plus de 60 ans, représentant 9% des cas étudiés, les données disponibles n’ont pas permis de déterminer l’efficacité de manière statistiquement claire ». Malgré ce résultat en demi-teinte, CureVac se dit convaincu que son candidat vaccin « apporte une contribution précieuse à la santé publique en protégeant totalement les participants à l’étude âgés de 18 à 60 ans contre l’hospitalisation ou le décès, et avec un taux d’efficacité de 77% contre la progression modérée et grave de la maladie », selon son PDG Franz-Werner Haas, cité dans le communiqué. » Nous pensons que ce profil d’efficacité représente une contribution importante à la gestion de la pandémie de Covid-19 et à la gestion de la propagation dynamique des variants », ajoute-t-il. 

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Le feu vert de l’EMA incertain

Il revient à présent à l’Agence européenne des médicaments (EMA), qui a déjà engagé une procédure d’examen en continu du vaccin, de donner son feu vert ou non à sa mise sur le marché. La Commission européenne a signé avec la biotech un contrat portant sur l’achat de 405 millions de doses. Le laboratoire de Tübingen était au début de la pandémie considéré comme l’un des plus prometteurs pour mettre au point un vaccin. CureVac s’est lancé dans la course au développement d’un antidote anti-Covid en janvier 2020, en même temps que les laboratoires BioNTech/Pfizer et Moderna qui ont été les premiers à obtenir le feu vert de différentes autorités de régulation pour commercialiser leur produit. 

A titre de comparaison, les vaccins BioNTech/Pfizer et Moderna, également basés sur le principe de l’ARN messager, ont démontré une efficacité d’environ 95%. Celle des vaccins AstraZeneca et Johnson et Johnson se situe entre 60 et 70%. CureVac espérait encore, il y a peu, mettre sur le marché un sérum performant en mai de cette année. Le laboratoire a mené la phase finale de ses essais sur environ 40 000 volontaires en Europe et en Amérique latine. Selon l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, CureVac rendra compte en détail des résultats de l’étude lors d’une conférence de presse jeudi. 

Un vaccin trop faiblement dosé ?

Fondé en 2000, CureVac compte pour principal actionnaire le milliardaire allemand Dietmar Hopp, co-fondateur du géant du logiciel SAP. Son fondateur, Ingmar Hoerr, est un pionnier dans la recherche sur l’ARN messager. En juin 2020, le gouvernement allemand avait pris une participation de 300 millions d’euros pour acquérir 23% des parts du laboratoire, après une tentative des autorités américaines d’obtenir des droits exclusifs pour les États-Unis sur un vaccin potentiel de CureVac. L’entreprise s’est alliée aux géants pharmaceutiques suisse Novartis et allemand Bayer en vue des phases de production. 

Alors quelles sont les raisons de ce revers allemand ? Ses responsables avaient indiqué en juin avoir dû affronter « un virus différent » des concurrents en raison de la « grande diversité de mutations » présentes lorsqu’on a commencé la phase d’essais en décembre. Parmi les cas séquencés lors de l’étude, des variants dits « préoccupants » ont été repérés chez plus de la moitié des patients. Mais cette explication ne convient pas tous les spécialistes. Interrogé par l’hebdomadaire Die Zeit, Peter Kremsner, directeur de l’Institut de médecine tropicale de Tübingen, qui participe à l’étude de CureVac, pense plutôt que le vaccin a été faiblement dosé.  

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Il précise en effet que le principe actif est de 12 microgrammes par dose de vaccin chez CureVac, tandis que celui de BioNTech est dosé à 30 microgrammes, et celui de Moderna à 100. Alors pourquoi ne peut-on pas augmenter cette dose ? « Les réactions secondaires seraient trop fortes », répond-il dans le média allemand. Il faudrait ainsi chercher l’explication dans l’armature du vaccin qui n’est pas fabriqué de la même façon que les flacons BioNTech et Moderna. CureVac travaille avec un ARN messager à la structure différente de celui de ses deux concurrents.  

OpinionsPar Christophe Donner

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