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lundi, mai 16, 2022

Covid-19 : le taux d’incidence est-il toujours un indicateur pertinent ?

C’est un indicateur scruté comme du lait sur le feu par les pouvoirs publics, illustrant la dynamique de l’épidémie de Covid-19. C’est sur cet indicateur que de nombreuses mesures sanitaires sont – en partie – prises en France. Mais le taux d’incidence, c’est-à-dire le nombre de personnes testées positives sur une semaine dans chaque département, ramené à 100 000 habitants, a-t-il fait son temps ? 

Comme l’a repéré le journaliste Vincent Glad, à une question sur le protocole sanitaire scolaire et son éventuelle adaptation au niveau de circulation du virus, dimanche, lors du Grand Jury RTL / Le Figaro / LCI, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a déclaré que « le taux d’incidence est un outil de moins en moins central dans le pilotage de cette crise ». 

L’évolution du taux d’incidence du Covid-19 en France

L’Express

« Précisément parce que, grâce à la vaccination, on peut avoir, comme on l’a vu cet été, un taux d’incidence élevé et moins de saturation de nos hôpitaux », a-t-il poursuivi. Le taux d’incidence, encore très élevé dans certains territoires en Outre-mer, est repassé sous la barre des 200 à l’échelle nationale. Mais il a flambé cet été dans certains départements de la moitié sud de la France, comme les Bouches-du-Rhône, la Corse du Sud, la Haute-Corse, l’Hérault ou les Pyrénées-Orientales. En dépit de la progression de la vaccination, qui réduit considérablement les risques de faire une forme grave du Covid-19, cette quatrième vague a vu trois régions, la Corse, l’Occitanie et Paca, dépasser le niveau d’urgence sanitaire fixé par le gouvernement à 60% de patients en réanimation, pour la grande majorité des personnes non vaccinées. 

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L’Allemagne abandonne le taux d’incidence

Gabriel Attal a également cité l’Allemagne, pays où les autorités » regardent maintenant moins le taux d’incidence que le taux d’hospitalisation », a-t-il précisé. Lundi 23 août, le Corona-Kabinett, une structure rassemblant autour d’Angela Merkel des membres du gouvernement et des scientifiques, a fait part de son intention de ne plus utiliser l’indicateur du taux d’incidence du Covid-19 comme boussole conditionnant le niveau de réponse des autorités et les éventuelles restrictions. « Nous avons décidé aujourd’hui que nous n’avions plus besoin de mesures de protection globales lorsque le nombre de cas ou d’incidence est de 50, car une grande partie de la population est vaccinée », a déclaré Angela Merkel. 

A mesure que le nombre de personnes entièrement vaccinées augmente, les appels se sont en effet multipliés en Allemagne pour que le taux d’incidence soit abandonné afin de déterminer si les mesures de restrictions sont nécessaires. Le gouvernement et les Etats fédéraux surveilleront plutôt les hospitalisations comme indicateur clé pour savoir si le système de santé devient surchargé, a déclaré la chancelière allemande, alors que l’Allemagne avait fixé des seuils de taux d’incidence auxquels correspondaient des niveaux de réponse sanitaire. Avec un taux à 35, 50 ou 100 cas pour 100 000 habitants, différentes mesures devaient être prises, comme la mise en place de jauges ou la fermeture des lieux de loisirs et des écoles. Mais le débat agite toujours les autorités : pour le médecin épidémiologiste et député du SPD Karl Lauterbach, cité par le Tagesspiegel, « l’abandon du taux d’incidence envoie un mauvais signal, comme si cet indicateur n’était plus du tout important ». 

Plan de déconfinement, passe sanitaire… les limites pratiques

En France, un seuil d’alerte par département avec été fixé à 50 pour 100 000. Puis un seuil d’alerte maximale à 250 pour 100 000. A l’hiver dernier, le seuil pour avancer le couvre-feu à 18 heures avait été fixé par le gouvernement à 200 cas pour 100 000 habitants. Si le taux d’incidence chez les personnes âgées dépassait les 200, le couvre-feu avancé pouvait également être décidé. A contrario, si le taux global était supérieur à 200 mais celui des seniors très inférieur, la décision inverse pouvait être prise. 

Fin avril, à l’occasion de son plan de déconfinement en quatre étapes, Emmanuel Macron avait défini trois freins d’urgence, dont deux basés sur le taux d’incidence : une menace de saturation des services de réanimation, une augmentation brutale du taux d’incidence et un taux d’incidence supérieur à 400 cas pour 100 000 habitants. Un seuil à l’époque jugé trop élevé par de nombreux scientifiques. « Le taux de 400 cas pour 100 000 habitants sur sept jours choisit comme seuil pour lever ou non les restrictions en France n’a pas de rationnel scientifique. Il est très élevé. En Allemagne, il est de 100 et il est de 150 en Italie. L’objectif initial européen était de 50 », estimait ainsi à l’époque sur Twitter le médecin Gilbert Deray.  

Plus récemment, le passe sanitaire a été imposé à l’entrée des centres commerciaux de plus de 20 000 mètres carrés dans les départements où le taux d’incidence dépasse 200 cas pour 100 000 habitants. Une mesure parfois difficilement applicable, notamment parce que ce taux est par définition fluctuant. 

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Autre limite : cet indicateur est difficile à analyser dans le temps, car si le nombre de tests a considérablement augmenté depuis l’apparition de la première vague du coronavirus, en mars 2020, il reste soumis aux fluctuations. Or, à niveau de circulation virale équivalent, le nombre de nouveaux cas diagnostiqués sera plus élevé dans un territoire où davantage de tests sont pratiqués. « Tous les cas positifs que l’on trouve ne représentent pas l’ensemble des cas », précisait l’épidémiologiste Catherine Hill auprès de L’Express en mai dernier. 

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par Valérie Plagnol

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