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mercredi, juillet 6, 2022

Covid-19 : face au variant Delta, le retour en force du masque en extérieur est-il utile ?

L’été approchant, porter le masque en extérieur devenait de plus en plus contraignant. D’autant plus quand les contaminations au Covid-19 chutaient drastiquement, en France, à la fin du printemps. Le gouvernement a logiquement ôté – sauf rares exceptions (marchés, lieux bondés) – cette obligation qui courait depuis l’été 2020. Et si, un mois après sa disparition officielle, la protection revenait en force dans l’espace public ? 

Le rebond épidémique observé en France, plus particulièrement à l’heure actuelle dans une poignée de départements dont les Pyrénées-Orientales, impose un nouveau serrage de vis. Dans ce département très touristique lors de la saison estivale, le masque revient sur les visages dans les rues et sur les trottoirs, sauf à la plage, ont indiqué les autorités locales, jusqu’au 2 août. Au moins. 

En Meurthe-et-Moselle, il sera de nouveau imposé dans les communes de plus de 5 000 habitants dont le taux d’incidence avoisine ou dépasse le seuil d’alerte fixé à 50 cas de Covid-19 pour 100 000 habitants, a également annoncé ce samedi la préfecture, mettant en avant la forte progression de cet indicateur chez les jeunes. 

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Auparavant, plusieurs communes avaient déjà décidé de revenir à l’ancien système. A l’image de Bordeaux, Montpellier, sous certaines conditions, le week-end, ou encore Le Touquet et Saint-Malo. Dernièrement, plusieurs communes côtières de la Somme et Amiens ont également décidé de réimposer le masque dans les « espaces publics propices aux regroupements ». Au fil de la quatrième vague, devenue incontournable, gageons que ce ne seront pas les dernières. 

Hésitation du HCSP

Reste la question de son utilité, jamais vraiment tranchée. En juin, le gouvernement avait décidé de lever le masque en extérieur, à l’exception des situations à forte densité de personnes, comme les marchés, suivant les préconisations du Haut conseil de santé publique (HCSP). Au Parisien, le coprésident du groupe de travail Covid-19, Didier Lepelletier, confie que cet avis ne prenait pas en compte les récentes évolutions de l’épidémie. « Au moment où on l’a écrit, le taux d’incidence baissait fortement et le variant Delta n’était pas du tout majoritaire encore. On a hésité à mettre qu’il fallait garder le masque en extérieur sauf dans certains cas, et puis on a fait l’inverse », précise-t-il. 

En règle générale, les scientifiques s’accordent pour dire que les rassemblements en extérieur, même relativement importants, comportent moins de risque que les rencontres en intérieur, surtout quand les lieux sont exigus et mal isolés. Les cas de contaminations par aérosols demeurent rares, dans la rue. « Lorsque l’on se balade seul dans un parc, ou lorsque l’on se promène en ville sans qu’il y ait de foule, la probabilité d’une infection au Covid-19 est quasi nulle », disait Yves Coppieters, épidémiologiste et professeur de santé publique à l’Université libre de Bruxelles, fin mai, à L’Express.  

Mais des voix, à l’image de celle du professeur Gilles Pialoux, s’inquiétaient des retombées négatives d’une telle décision. « Sait-on quel sera l’impact de l’abandon total du masque en public sur son port au sein de la sphère privée, reconnue comme un haut lieu de transmission ? », questionnait le chef de service des maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital Tenon, quelques jours avant que le masque ne tombe. 

Et pourquoi pas ?

« Je suis assez perplexe [concernant le masque en extérieur], sauf dans les endroits où il y a foule et pas de respect de la distance, comme les marchés. Je suppose que c’est surtout un moyen d’essayer d’empêcher le relâchement complet… « , juge, dans la même veine, la médecin de santé publique Hélène Rossinot, toujours auprès du Parisien. 

Finalement, pourquoi se priver de « la mesure la plus largement respectée par la population », ajoutait Gilles Pialoux. Surtout dans une période incertaine. Sur Franceinfo, Luc Duquesnel, médecin généraliste en Mayenne et président de la branche « généralistes » de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), juge le port du masque en extérieur « utile partout, à partir du moment où on est face à une nouvelle explosion des cas de Covid-19 ». Et plus encore dans les « départements touristiques » comme les Pyrénées-Orientales. 

La fin justifie les moyens. En dehors de la vaccination, il faut également « prendre toutes les mesures » de lutte contre le Covid-19 « puisqu’on sait que les vacances, globalement, sont plutôt des périodes où l’on se retrouve, que ce soit en extérieur ou en intérieur, ce qui favorise la contamination », insiste Luc Duquesnel. 

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Evoquée mardi par le ministre de la Santé Olivier Véran, la fin du masque à l’intérieur pour les détenteurs d’un passe sanitaire en bonne et due forme, perçue comme une incitation à la vaccination, ne devrait pas revenir tout de suite dans le débat public. « Il faut pour l’instant rester encore prudents (…) garder ces mesures, patienter encore un peu (…) Il faut accepter encore ces contraintes c’est dans notre intérêt à tous de ne pas faiblir sur cette question dans l’immédiat », a désamorcé vendredi le professeur Alain Fischer, le « Monsieur vaccin » du gouvernement, sur Europe 1. 

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