20.6 C
Londres
mercredi, juillet 6, 2022

Covid-19 et grippe : une double vaccination « qui ne devrait pas poser de problème »

65 donc et non pas seulement à partir de 80 ans. L’avis de la Haute Autorité de Santé (HAS), qu’Olivier Véran avait révélé en avance lundi 23 août, propose dès septembre l’administration d’une 3e dose non plus seulement pour nos plus âgés ou encore les personnes présentant des comorbidités, mais aussi à cette tranche d’âge (65/80) qui représente tout de même près de 10 millions de personnes. Un élargissement qui suit ce qui se fait dans d’autres pays où la campagne de vaccination contre le coronavirus est plus avancée : en Israël, ces rappels ont débuté en août sur une partie de la population et l’Allemagne, le Royaume-Uni ou encore les États-Unis vont aussi proposer une troisième dose à partir de septembre. « Avec cette pandémie, nous sommes constamment dans l’urgence et l’on observe d’une part une baisse de l’immunité plus rapide que prévu avec les différents vaccins, et d’autre part, nous avons à affronter la vague du variant Delta, souligne Jean-Daniel Lelièvre, immunologue et expert à la HAS. D’où la difficulté à trouver un schéma vaccinal idéal. » 

Une 3e dose avec les vaccins à ARN

Dans son avis, la HAS précise bien que cette baisse observée « de la protection concerne essentiellement l’infection et les formes symptomatiques », mais aussi et dans une très moindre mesure, « les formes graves qui restent globalement bien couvertes par les vaccins. » Reste que dans d’autres pays comme Israël où la population se trouve largement vaccinée, près des 60% des hospitalisés sont vaccinés, ce qui témoigne d’une perte importante d’anticorps sur le long terme malgré deux injections ou de la moindre efficacité vaccinale face aux nouveaux variants. D’où la décision de l’Etat hébreu annoncée aujourd’hui d’ouvrir désormais cette 3e dose aux gens à partir de… 30 ans ! Depuis août, ce seuil avait été fixé au plus de 50 ans mais devant les premiers résultats, le gouvernement qui a enregistré une hausse épidémique importante cet été, se montre particulièrement volontariste. Une étude de l’assurance maladie Maccabi, estime ainsi à 86% l’efficacité de cette troisième dose contre les infections chez les plus de 60 ans. « On espère, même si l’on attend encore de nouvelles données, que cette 3e dose booste plus particulièrement l’immunité muqueuse, porte d’entrée privilégiée du virus dans l’organisme », poursuit Jean-Daniel Lelièvre. Sur les vaccins à privilégier, la HAS laisse entendre que ceux des laboratoires Pfizer-BioNTech et Moderna, y compris pour les personnes ayant reçu des primo-vaccinations avec des doses d’AstraZeneca ou de Janssen, pourront être administrés « indifféremment et inversement. » Pour Lelièvre, l’idée étant « de ne pas prioriser un laboratoire plus qu’un autre. » 

D’un point de vue pratique, l’avis de la HAS propose de calquer cette campagne de la 3e dose avec celle de la grippe, suivant l’idée avancée par le Pr Fischer dans nos colonnes : « Les publics qui sont habituellement éligibles à la vaccination antigrippale, (…) sont assez identiques à ceux pour lesquels un rappel anti-Covid paraît pertinent. » Pour mémoire, la campagne contre la grippe s’adresse prioritairement aux personnes de 65 ans et plus, à celles souffrant de maladies chroniques, aux femmes enceintes et aux personnes souffrant d’obésité. Surtout, une telle concomitance permettrait de résoudre nombre de soucis logistiques et organisationnels.  

L’application L’Express

Pour suivre l’analyse et le décryptage où que vous soyez

Télécharger l’app

Offre limitée. 2 mois pour 1€ sans engagement

Une double vaccination déjà expérimentée ailleurs

Quid alors des effets d’une double administration des vaccins contre la grippe et le Covid-19 ? « Cette double vaccination a déjà été faite, notamment dans certains pays de l’hémisphère sud sans que l’on ait observé de complications, explique Jean-Daniel Lelièvre. Il faudra renforcer la surveillance mais cela ne devrait pas poser de problème. » L’avis de la Haute Autorité de Santé doit être validé en Conseil de Défense et doit recevoir l’accord de l’Agence européenne des médicaments. Il ne propose pas non plus, pour l’heure, un élargissement à l’ensemble de la population, même si Jean-Daniel Lelièvre estime que ce rappel « deviendra sans doute nécessaire dans les prochains mois. »  

Opinions

Chronique

Albert Moukheiber

Chronique

Par le Pr Gilles Pialoux

Chronique

Pierre Assouline

Economie

Emmanuel Lechypre

Les dernières nouvelles
Nouvelles connexes

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici