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mardi, juillet 5, 2022

Covid-19 : comment les scientifiques calculent-ils le nombre de morts évitées ?

Le bilan de l’épidémie de Covid-19 continue de s’alourdir. Sur le Vieux Continent, 1,3 million de personnes ont déjà perdu la vie. Et d’ici au premier décembre, cette région du monde pourrait enregistrer 236 000 décès supplémentaires, estime Hans Kluge, directeur Europe de l’OMS. Néanmoins, les épidémiologistes sont formels : le nombre de morts aurait été beaucoup plus important si nous n’avions pas eu de vaccins.  

Et pour le prouver, ils font appel à des modèles mathématiques. Grâce à ces outils – et aux données recueillies pendant des mois sur l’épidémie – les chercheurs peuvent désormais simuler plusieurs scénarios et comparer leurs effets. Par exemple, en appliquant aux chiffres des personnes contaminées le taux de mortalité d’il y a un an, quand il n’y avait pas de vaccin, et en comparant le résultat au nombre réel de décès, il est possible d’avoir une idée de l’effet protecteur des doses injectées à la population.  

Une corrélation nette entre le taux de décès et la couverture vaccinale

Bien entendu, ces calculs doivent être pris avec des pincettes. Il est en effet impossible de savoir précisément combien de vies un vaccin ou des mesures barrières peuvent sauver. Néanmoins dans un pays comme la France, l’ordre de grandeur sur l’année écoulée serait de plusieurs dizaines de milliers de personnes. Ainsi, selon une étude prépubliée menée par des chercheurs de l’Université de Montpellier, du CHU de Nîmes et du CHU de Caen, 39 100 admissions en soins intensifs et 47 400 décès auraient été évités grâce aux vaccins sur la période qui va du 1er janvier au 20 août 2021.  

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Et sur l’ensemble de l’année, la vaccination pourrait se traduire par 67 000 hospitalisations graves et 78 700 décès en moins sur le sol français. L’impact de la campagne est donc loin d’être négligeable puisque 114 000 morts liés au Covid-19 ont été répertoriés en France depuis le début de l’épidémie. Comme le soulignent les auteurs de l’étude, il existe une corrélation nette entre le taux de décès et la couverture vaccinale. A partir du moment où la moitié de la population est vaccinée, le ratio de personnes décédées diminue : moins 12,5% à chaque fois que la proportion de personnes vaccinées augmente de 10%.  

Ce résultat est plutôt logique car les vaccins possèdent trois effets protecteurs. Tout d’abord, ils réduisent la probabilité d’attraper la maladie (par rapport à une personne non vaccinée). Ensuite, ils diminuent fortement la probabilité de développer des complications et donc d’être admis en soins intensifs. Enfin, ils diminuent la gravité d’une éventuelle seconde infection.  

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Les estimations obtenues par les chercheurs français coïncident avec celles de leurs homologues britanniques. Ainsi, en Angleterre, la vaccination aurait permis d’éviter plus de 100 000 décès, selon l’Agence nationale de santé publique. Ce chiffre, revu à la hausse récemment a été obtenu en comparant la situation actuelle avec le scénario « du pire » dans lequel aucune mesure de protection particulière n’aurait été prise. Il est à mettre en regard avec le nombre global de décès : plus de 130 000 selon les derniers décomptes. Enfin aux Etats-Unis la vaccination aurait également permis de sauver 279 000 vies et d’éviter 1,25 million d’hospitalisations selon des travaux récents. Ces chiffres restent cependant relativement modestes, puisque l’épidémie a déjà fait plus de 639 000 victimes outre-Atlantique.  

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