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jeudi, juin 30, 2022

Covid-19 : AstraZeneca et Pfizer, un cocktail de vaccins particulièrement efficace ?

Et si le vaccin contre le Covid-19 le plus efficace était… un panachage de vaccins ? Une vaccination mixte d’AstraZeneca puis du vaccin Pfizer contre le coronavirus a multiplié par six les niveaux d’anticorps neutralisants par rapport à deux doses d’AstraZeneca, révèle une étude sud-coréenne consultée par Reuters et dévoilée lundi. 

L’étude a impliqué 499 professionnels de santé – 100 recevant des doses mixtes, 200 prenant deux doses du vaccin Pfizer/BioNTech – et le reste recevant deux injections d’AstraZeneca. Tous ont montré des anticorps neutralisants, qui empêchent le virus d’entrer dans les cellules et de se répliquer. Les personnes ayant mixé les deux vaccins ont montré des quantités similaires d’anticorps neutralisants par rapport au groupe ayant reçu deux injections de Pfizer. 

Comme le rapporte France Inter mardi, une étude britannique menée par l’université d’Oxford, et publiée dans Nature montre des résultats similaires. Comparativement à des personnes vaccinées avec deux doses d’AstraZeneca à 12 semaines d’intervalle, le surcroît d’immunité est de 60% avec le panachage (AstraZeneca puis Pfizer). Pour des vaccinés avec Pfizer-BioNtech, l’immunité serait trois fois plus importante. Les anticorps sont aussi plus variés, selon les chercheurs. Une deuxième étude, allemande cette fois, et signée par Tina Schmidt, chercheuse au département de transplantation et d’immunologie des infections à l’Université de la Sarre, met en évidence le même résultat chez une centaine d’individus en bonne santé. 

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La technique connue du « prime boost hétérologue »

La réussite de la combinaison de deux types de vaccins différents – d’abord un vaccin à vecteur viral puis un vaccin à ARN messager, l’ordre d’injection ayant son importance – n’est pas surprenante. Début avril dernier, déjà, la Haute autorité de santé (HAS) précisait que les 533 000 personnes de moins de 55 ans ayant déjà reçu une dose du vaccin d’AstraZeneca, qui ne pouvaient plus en recevoir en raison de la suspension de ce vaccin liée aux cas rares mais graves de caillots sanguins, devaient recevoir leur seconde injection avec un vaccin à ARN messager, Pfizer/BioNTech ou Moderna. 

Et depuis le 9 juillet, la HAS recommande « de privilégier pour la deuxième dose l’utilisation d’un vaccin à ARNm pour les personnes de plus de 55 ans qui ont reçu une première dose de vaccin Vaxzevria (AstraZeneca) et de proposer cette deuxième dose à partir de quatre semaines après la première ». Toutes les personnes ayant reçu une injection du vaccin AstraZeneca doivent donc désormais recevoir de préférence un rappel avec Moderna ou Pfizer. Les études sud-coréenne, britannique et allemande devraient donc conforter plusieurs pays dans leurs volontés d’offrir des alternatives à ARN messager au vaccin AstraZeneca pour la deuxième injection. 

La stratégie de la HAS repose sur l’idée que la combinaison de deux types de vaccins différents pourrait être très efficace pour se prémunir du virus. Appelée « prime boost hétérologue », la technique est bien connue des immunologues. Elle consiste à faire un rappel de vaccination assez proche avec un produit différent pour renforcer les effets de la vaccination. « Ces stratégies sont très communément utilisées depuis 20 ans, cela n’a rien d’extraordinaire », soulignait dès avril dernier à L’Express Morgane Bomsel, immunologue à l’institut parisien Cochin. La technique du « prime boost hétérologue » est déjà utilisée contre Ebola, ou dans le développement des vaccins contre le VIH.  

Faut-il pour autant revoir la stratégie vaccinale ? « Pas dans l’immédiat puisque ce qui importe en ce moment, c’est la primo vaccination et il faut aller vite », répond auprès de France Inter Jean-Daniel Lelièvre, du service des maladies infectieuses de l’Hôpital Henri-Mondor à Créteil. Mais « à plus long terme, dans l’hypothèse où l’on ferait une troisième dose, cela pourrait être intéressant d’utiliser un vaccin différent », estime-t-il. 

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L’étude sud-coréenne a également analysé l’activité neutralisante contre les principaux variants préoccupants. Comme l’a précisé l’Agence coréenne de contrôle et de prévention des maladies (KDCA), aucun des groupes n’a démontré une activité neutralisante réduite contre le variant Alpha, identifié pour la première fois en Grande-Bretagne. En revanche, l’activité neutralisante a diminué de 2,5 à 6 fois contre les variants Beta, Gamma et Delta, respectivement détectés pour la première fois en Afrique du Sud, au Brésil et en Inde. 

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