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mardi, juillet 5, 2022

Cinq questions sur le premier vaccin antipaludique chez les enfants

C’est une première « historique » dans la lutte contre le paludisme. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a recommandé mercredi le déploiement massif du premier vaccin antipaludique chez les enfants vivant en Afrique subsaharienne et dans des zones à risque. Il pourrait sauver des dizaines de milliers de vies. 

« C’est un moment historique. Le vaccin antipaludique tant attendu pour les enfants est une percée pour la science, la santé infantile et la lutte contre le paludisme, s’est enthousiasmé le directeur général de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, cité dans un communiqué. L’utilisation de ce vaccin en plus des outils existants pour prévenir le paludisme pourrait sauver des dizaines de milliers de jeunes vies chaque année ». 

  • Comment le vaccin fonctionne-t-il ?

Le « RTS,S » est un vaccin qui agit contre un parasite (Plasmodium falciparum) transmis par les moustiques, le parasite le plus mortel à l’échelle mondiale et le plus prévalent en Afrique.  

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Fabriqué par le géant pharmaceutique britannique GSK, le « RTS,S » est le premier vaccin, et le seul jusqu’à présent, ayant montré une efficacité pour réduire significativement le nombre des cas de paludisme, y compris de paludisme grave menaçant le pronostic vital, chez les enfants.  

  • Quelle est son efficacité ?

« Nous avons longtemps espéré un vaccin antipaludique efficace et maintenant, pour la première fois, nous avons un vaccin recommandé pour une utilisation généralisée », a ajouté Tedros Adhanom Ghebreyesus. Les résultats du projet pilote de vaccin ont montré qu’il « réduit considérablement le paludisme sous sa forme grave de 30% », a déclaré Kate O’Brien, directrice du département Vaccination à l’OMS.  

Selon l’OMS, les essais cliniques de phase 3 ont démontré que le vaccin, lorsqu’il est administré en quatre doses, prévient quatre cas de paludisme sur dix et trois cas sur dix de paludisme grave menaçant le pronostic vital. L’organisation ajoute que ce vaccin a aussi fait baisser de 29% les besoins de transfusions sanguines requises pour traiter les cas d’anémie potentiellement mortelle dus au paludisme. 

  • Combien d’enfants sont-ils touchés mortellement par le virus ?

Maladie très ancienne, signalée dès l’Antiquité, le paludisme se manifeste par de la fièvre, des maux de tête et des douleurs musculaires puis par des cycles de frissons, fièvre et sueurs. Au total, cinq espèces de parasites du genre Plasmodium, tous transmis par les piqûres de moustiques, sont responsables de cette maladie. Le Plasmodium falciparum est l’espèce la plus pathogène et responsable des cas mortels. 

Un enfant meurt toutes les deux minutes du paludisme dans le monde, selon l’OMS. En ce qui concerne l’Afrique seule, le paludisme tue plus de 260 000 enfants âgés de moins de cinq ans chaque année. Sur le continent, le vaccin est synonyme d’espoir, d’autant que les craintes d’une résistance du paludisme aux traitements augmentent. « Pendant des siècles, le paludisme a hanté l’Afrique subsaharienne, causant d’immenses souffrances personnelles », a déclaré le Dr Matshidiso Moeti, directeur régional de l’OMS pour l’Afrique. 

  • Quand pourra-t-il être déployé ?

En mai 2018, les autorités nationales de réglementation du Ghana, du Kenya et du Malawi ont autorisé son utilisation dans les zones pilotes. Depuis 2019, les trois pays d’Afrique subsaharienne ont commencé à introduire le vaccin dans des régions sélectionnées où la transmission du paludisme est de modérée à sévère. Deux ans après le début de ce premier test grandeur nature au monde, 2,3 millions de doses de vaccin ont pu être administrées. 

Mais avant un déploiement massif, la prochaine étape majeure sera celle du financement. L’Alliance du vaccin (Gavi) a annoncé qu’elle allait examiner, ainsi qu’avec les autres acteurs concernés, « si et comment financer un nouveau programme de vaccination contre le paludisme dans les pays d’Afrique subsaharienne », dans un communiqué publié après l’annonce de l’OMS. 

L’année 2021 a été marquée par plusieurs avancées importantes dans le combat contre le paludisme, une maladie pourtant négligée durant des années par les laboratoires pharmaceutiques et la recherche. Un vaccin candidat développé par l’université d’Oxford, Matrix-M, a suscité l’espoir en avril, affichant une efficacité jusqu’ici inégalée de 77% lors d’essais de phase II. Il pourrait être homologué sous deux ans. 

  • Aura-t-on davantage de vaccins antipaludiques ?

En juillet, le laboratoire allemand BioNTech a indiqué vouloir appliquer la technologie prometteuse de l’ARN messager, utilisée pour son vaccin pionnier contre le Covid-19 avec Pfizer, au paludisme en lançant l’an prochain des essais pour un vaccin. 

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L’OMS espère également que cette dernière recommandation encouragera les scientifiques à développer d’autres vaccins contre le paludisme. Le RTS,S est « un vaccin de première génération, très important », a déclaré Pedro Alonso, directeur du programme de lutte antipaludique de l’OMS, « mais nous espérons (…) qu’il incitera les chercheurs à rechercher d’autres types de vaccins pour compléter ou dépasser celui-ci. » 

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