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dimanche, juillet 3, 2022

« Certains refusent tout » : les malades du Covid-19 non vaccinés, nouveau casse-tête à l’hôpital

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Dans les services, ils représentent désormais l’immense majorité des hospitalisations. En quelques semaines, le profil des patients arrivant à l’hôpital en raison d’une forme de Covid-19 a changé. Plus jeune, et surtout non vaccinée, cette population bouscule le travail des soignants et déroute parfois les médecins par ses comportements. « On ne retrouve plus du tout le même profil de patients que lors des premières vagues, on n’a que des patients qui sont à risque, certains refusent tout. Ça épuise les soignants et on est obligé de prendre sur nous pour avoir une attitude bienveillante », souffle l’infectiologue Karine Lacombe, cheffe du service des maladies infectieuses à l’hôpital Saint-Antoine, à Paris. 

L’intensification de la campagne de vaccination et des mesures contraignantes ont permis de vacciner une large part de la population française et ainsi les protéger des formes graves de la maladie. Fin août, une étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques relevait que, en France, « 84 % des admissions en soins critiques et 76 % des admissions en hospitalisations conventionnelles étaient le fait de personnes non vaccinées » entre le 2 et le 8 août.  

Partout les médecins constatent cette évolution. « On a désormais un certain nombre de patients en réanimation qui ont fait un Covid sévère et qui sont volontiers non vaccinés, ou alors immunodéprimés et chez qui la vaccination ne fonctionne pas », constate Murielle Fartoukh, cheffe de service de réanimation de l’hôpital Tenon, à Paris. Avec le temps et l’incitation toujours plus forte à la vaccination, les publics qui y sont le plus radicalement opposés devraient former le gros des hospitalisations. Mais pour le moment les soignants jugent que l’afflux de patients ouvertement antivax n’est pas majoritaire. « Les mouvements violents de la part de patients, ça nous a été rapporté, mais c’est de l’ordre de l’ultra-anecdote », nuance Denis Malvy, infectiologue au CHU de Bordeaux et membre du Conseil scientifique.  

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Des taux de refus records

Pressions sur l’hôpital, fatigue des soignants… la problématique, pourtant, ne s’arrête pas là. Car ces réticents à la piqûre ont, en bout de chaîne, un effet direct sur la recherche de nouveaux traitements contre le Covid-19. Les médecins qui dirigent des essais cliniques l’assurent : il est très difficile d’inclure de nouveaux patients. « C’est la galère », lâche, un brin dépitée, l’infectiologue Florence Ader, à la tête du large essai européen Discovery. « On est habitué à gérer les refus, c’est un peu normal d’être en interrogation quand on rentre dans un essai, mais au fil du temps on a sélectionné des populations qui sont moins vaccinées et donc moins réceptives. » 

Selon cette professeure, le taux de refus serait de 60 à 80 % depuis que la campagne de vaccination s’est installée. « Le taux dans les domaines critiques est normalement à peine de 20 à 30 % », souligne-t-elle. Dans les services de réa, les soignants insistent pour faire la différence entre opposition aux soins ou aux essais cliniques. « Etre anti-soins et être anti-inclusion sont deux problématiques différentes, car, quand vous êtes en défaillance en réanimation, vous dites rarement non aux soins », assure Julien Poissy, professeur en médecine intensive et en réanimation au CHU de Lille. Mais ce médecin admet que trois quarts des patients, à l’heure actuelle, refusent les essais cliniques. Un taux beaucoup plus important que lors des précédentes vagues. « On a des profils de gens qui étaient sceptiques sur le vaccin, ou qui n’y voyaient pas d’intérêt, ou qui sont clairement « anti » pour des raisons politiques. » 

 

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Pour ces médecins, c’est une réelle frustration. « On a des molécules très intéressantes, qui peuvent apporter un vrai plus, et les gens vous disent : « Non, je ne suis pas un cobaye » », regrette Florence Ader. « Les patients hospitalisés pour un Covid reçoivent une prise en charge standardisée qui a été rendue possible grâce aux essais cliniques », rappelle Julien Poissy. Défiance vis-à-vis du corps médical et des institutions, incompréhension de l’intérêt collectif… Cette nouvelle population pourrait bien devenir la principale problématique des soignants.  

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