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dimanche, juillet 3, 2022

Ce qu’un trésor vieux de 3000 ans pourrait nous apprendre sur les « ancêtres » des Gaulois

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Un trésor à portée de pelletées, à 40 centimètres de profondeur, près de Gannat (Allier), composé de centaines d’objets précieux remontant à l’extrême fin de l’âge du bronze : des bracelets en bronze, des anneaux de cheville, des torques, des colliers de perles métalliques ou des pendentifs côté bijoux. Mais aussi des armes (couteaux, pointes de lance, lames d’épée et haches). Sans oublier des éléments d’apparat, de décoration de chars, de roues et de pièces de harnachement de cheval. « Il s’agit pour nous d’une découverte sans équivalent ailleurs en France parce qu’elle réunit des objets dans leur contexte d’origine, soigneusement empilés dans quatre dépôts différents, trois pots en céramique et à même le sol, détaille Pierre-Yves Milcent, enseignant-chercheur au sein du laboratoire Traces (Toulouse II-Jean-Jaurès / CNRS). Par leur variété, ils nous permettent enfin d’en savoir plus sur ces peuples que l’on peut qualifier d’ancêtres des Gaulois. » 

« Nous ne sommes pas au bout de nos surprises »

L’âge du bronze, de 2 200 à 800 av. J.-C., demeure une période méconnue en ce qui concerne l’Hexagone, à l’écart des grandes civilisations de l’époque (égyptienne, mycénienne…). « Chez nous, on peut parler de sociétés préceltiques, souvent négligées dans la protohistoire de l’Europe occidentale faute de vestiges, poursuit Pierre-Yves Milcent. Désormais, nous connaissons mieux leur organisation et leur état de développement. »  

 

La région de Gannat était vraisemblablement un carrefour économique, bénéficiant d’une rivière navigable (la Sioule) et d’un sol riche en étain (entrant dans la composition du bronze), mais aussi en or. Le site s’étend sur une trentaine d’hectares, ceint par deux remparts parallèles de 300 à 500 mètres de longueur constitués de murs en pierres, d’une palissade en bois et d’un glacis de rochers. Ils suggèrent l’existence d’une agglomération, loin de l’image que les archéologues pouvaient avoir puisqu’ils ont longtemps pensé que de telles aires urbaines étaient plus tardives, édifiées sous l’influence des Grecs. « Ces vestiges ont été conservés parce qu’ils se situent aujourd’hui dans une forêt relativement épargnée. Ils nous amènent à réécrire l’histoire de l’urbanisation », se réjouit David Lallemand, responsable du service départemental d’archéologie préventive de l’Allier.  

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Difficile de dire si l’ensemble était organisé en quartiers avec des lieux de culte, des places publiques, des îlots d’habitations. Mais les objets exhumés témoignent d’un savoir-faire et d’une dimension religieuse. « On a trouvé une pendeloque représentant une barque solaire avec aux extrémités un oiseau aquatique. Ce peuple avait un culte du Soleil, un peu comme celui de Râ en Egypte ou d’Hélios dans la Grèce antique », avance Pierre-Yves Milcent. Ces liens intercivilisationnels se vérifient aussi par des objets commercés : ici, des perles d’ambre venues de la Baltique, là des verreries en provenance de l’actuelle Venise. « Nous ne sommes pas au bout de nos surprises », conclut David Lallemand, qui promet que les fouilles dureront encore plusieurs années. Gannat n’a pas fini de livrer ses secrets.  

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