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jeudi, juin 30, 2022

Avions pour chevaux, délégations pléthoriques… Les JO de Tokyo sont-ils si écolos ?

En matière de bilan carbone, le diable est souvent dans les détails. Dans leur ensemble, les JO de Tokyo sont sans nul doute les plus écolos de ces dix dernières années. Leur organisation devrait générer l’équivalent de 2,4 millions de tonnes de CO2, contre environ 3,5 millions pour les épreuves sportives de Rio et de Londres, selon une étude publiée aujourd’hui par Greenly, une société spécialisée dans le recensement des dépenses d’énergie fossile des entreprises. Ainsi, les jeux de Tokyo seraient 40% moins émetteurs que les précédents. Mais ce chiffre flatteur masque un « effet Covid » ainsi que des différences notables entre les sports ou les délégations. 

« En général dans ce type d’événement, 80% des spectateurs appartiennent à la population locale et 20% viennent de l’étranger. Ces derniers se déplacent généralement en avion qui, rappelons-le , émet 70 à 100 fois plus de CO2 que le train ou les transports en commun », explique Alexis Normand, directeur général et co-fondateur de Greenly. En raison de l’épidémie de Covid, les fans européens ou américains n’ont pas pu faire le déplacement cette année. Cela se traduit par une diminution de moitié de l’empreinte carbone côté spectateurs. Bien sûr, il reste encore les frais fixes et les émissions liées aux constructions de bâtiments (1,5 million de tonnes de CO2 cette année, autant qu’il y a cinq ans) . Cependant, l’absence de spectateurs internationaux à Tokyo a fait économiser 340 000 tonnes de carbone, soit 12,5% des émissions totales prévues.  

Dans ce bilan en trompe-l’oeil, certaines délégations sortent du lot. C’est notamment le cas des équipes américaines et brésiliennes, qui occupent les deux premières places du classement des émissions avec respectivement, 932 et 810 tonnes. Ce palmarès n’a rien de surprenant : les États-Unis ont envoyé à eux seuls plus de 600 athlètes et tous ont pris l’avion. A l’autre bout du classement, le sultanat de Brunei ne compte que deux représentants au Japon et leur trajet a été plus court. Bilan : des émissions aériennes 700 fois moins importantes en comparaison !  

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« L’idée de ce classement est de mettre les délégations devant leurs responsabilités. En effet, certaines ne se posent pas trop de question lorsqu’elles envoient un effectif pléthorique en avion à l’autre bout de la planète. Pourtant, il y a sans doute des réflexions à mener sur le lieu de compétition, la taille des délégations, le mode de transport… Même en restant dans l’aérien, il est possible de réduire l’empreinte carbone en remplissant davantage les appareils. On parle aussi d’appareils à hydrogène pour 2035. C’est dans trois ou quatre jeux. Un horizon pas si lointain », commente Alexis Normand.  

5000 tonnes de CO2 pour faire voler des chevaux

Devra-t-on à l’avenir choisir la ville organisatrice en fonction des distances de transport ? L’étude de Greenly montre en tout cas que ce facteur a de l’importance. « Sur ce critère, Paris pourrait faire mieux que Tokyo car les délégations européennes auront la possibilité de venir en train » , explique Alexis Normand. Toutefois, avec son objectif affiché de 1,5 million de tonnes de CO2, la France a sans doute placé la barre un peu trop haut, étant donnée la complexité du problème.  

L’étude de Greenly épingle particulièrement l’organisation des épreuves d’équitation. A l’occasion des JO de Tokyo, 325 chevaux ont traversé terres et mers pour se distinguer avec une empreinte carbone peu reluisante : environ 5000 tonnes de CO2 en cumulé du fait du transport aérien, soit environ dix fois le bilan de la délégation espagnole ou italienne !  

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Cependant, au palmarès des disciplines les moins écolos, l’athlétisme, la natation et le football occupent de loin les premières places en raison des infrastructures nécessaires à leur fonctionnement. La médaille d’or des disciplines les plus vertes revient au trampoline, avec un bilan carbone de 8,3 tonnes (contre 515 pour l’athlétisme) , détaille Alexis Normand. Mais la discipline ne compte que 34 athlètes, contre 2400 pour l’athlétisme et 1613 pour les épreuves de natation. Elle ne représente donc qu’une part infime du spectacle. Et ce sera sans doute encore le cas à Paris en 2024. 

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