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mardi, juillet 5, 2022

Au hasard des Flâneries de Reims

NOUS Y ÉTIONS – Les Kantorow ont joué à l’opéra, malgré son acoustique douteuse.

Une fois encore, les Flâneries musicales de Reims proposent ce mélange subtil de fête populaire et d’exigence musicale qui est la priorité de leur directeur artistique, Jean-Philippe Collard. Manière de rappeler qu’il n’y a pas de démocratisation possible sans excellence. Jusqu’au 9 juillet, 43 concerts en trois semaines donnent vie aux lieux emblématiques de la capitale du champagne, faisant des églises, théâtres, parcs et palais des lieux de partage.

Une ombre au tableau, malgré tout, au concert du 24 juin. Lors de notre dernière visite à Reims, en 2018, Jean-Philippe Collard et Claire Taittinger, directeur et présidente de la manifestation, nous avaient fait part de leur frustration face à l’absence de véritable auditorium symphonique à Reims. Nous venons seulement de comprendre pourquoi. Nous nous réjouissions tant du concert des Kantorow père et fils!

Alexandre, 24 ans, pianiste, vainqueur du concours Tchaïkovski 2019 et l’une des personnalités musicales les plus attachantes du moment. Et Jean-Jacques, 75 ans, chef auquel on doit quelques jolis souvenirs à la tête de l’Orchestre d’Auvergne ou de ce qui s’appelait encore Ensemble Orchestral de Paris. L’an dernier, leur enregistrement irrésistible de trois concertos de Saint-Saëns chez Bis, Victoire de la musique et Diapason d’or de l’année, a cassé la baraque. À Reims, ils présentaient le 2e concerto du même, avec l’Orchestre national de Belgique, que nous n’avions pas entendu depuis longtemps et nous réjouissions aussi de retrouver après des années tendues où planait l’ombre d’une fusion avec l’Orchestre de la Monnaie.

Au passage, le Belgian National Orchestra a anglicisé son nom comme tant d’autres institutions bruxelloises, manière de ne pas avoir à choisir entre le français et le néerlandais… Mais c’est dans un programme bien français qu’il se présentait à Reims, Fauré et Bizet encadrant le 2e de Saint-Saëns.

Les ailes du son

Ce long préambule pour vous dire que nous sommes incapable de vous rendre compte de ce concert. Car l’Opéra de Reims où il était donné ne sonne tout simplement pas. Ennemie jurée de l’acousticien comme du musicien, la moquette, qui absorbe le son, est la principale suspecte. Impossible de dire, de ce fait, si la sonorité rude et les phrasés hachés du si délicat Pelléas et Mélisande de Fauré, ou si la sécheresse mate de la lumineuse Symphonie en ut de Bizet, sont le fait de l’orchestre et du chef, ou de l’acoustique. D’autant que la disposition Covid ne favorise ni la cohésion périlleuse de violons très espacés, ni la projection des bois, brisée par une méchante paroi de plastique.

En revanche, les basses du piano bourdonnant et résonnant comme un moteur mal éteint tandis que les aigus claquent, on le sait: ce n’est pas le jeu d’Alexandre Kantorow. Finalement, on préfère encore les églises ou le plein air, où l’on s’adapte toujours vaille que vaille, plutôt qu’une salle qui coupe les ailes du son avant qu’il ait pu prendre son envol.

Flâneries musicales de Reims jusqu’au 9 juillet https://www.flaneriesreims.com/

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