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mercredi, septembre 28, 2022

Covid-19 : quatre questions sur la (possible) vaccination des 5-11 ans

Les enfants de 5 à 11 ans seront-ils éligibles à la vaccination contre le Covid-19 d’ici la fin de l’année ? C’est en tout cas une éventualité qui se dessine, après la publication lundi par le laboratoire américano-allemand Pfizer/BioNTech de ses résultats jugés prometteurs. L’étude n’a toutefois pas encore été revue par des pairs et il faudra encore attendre l’avis de l’Agence européenne du médicament puis de la Haute autorité de Santé afin de voir débarquer le vaccin pour les enfants en France. 

  • Que disent les résultats de Pfizer et BioNTech ?

Les travaux sont prometteurs, se félicite le laboratoire. « Chez les participants âgés de 5 à 11 ans, le vaccin est sûr, bien toléré et présente des réponses robustes en anticorps neutralisants », ont déclaré le géant américain Pfizer et son partenaire allemand dans un communiqué commun, faisant état des résultats de leurs travaux cliniques. 

Ces résultats partiels publiés lundi se fondent sur une étude menée sur 4500 enfants entre 6 mois et 11 ans aux Etats-Unis, en Finlande, en Pologne et en Espagne. 

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Les deux entreprises prévoient de soumettre ces données aux autorités « dès que possible », selon ce communiqué. Elles affirment que la réaction immunitaire est « comparable » à celle observée chez les 16 à 25 ans qui ont reçu un vaccin plus fortement dosé. Prudence néanmoins car cette étude n’a pas encore été revue par des pairs et n’a pas fait l’objet d’une publication scientifique. 

  • Quand cela pourrait-il arriver en France ?

Si le docteur Ashish Jha, l’un des principaux experts du Covid aux Etats-Unis, envisage une vaccination pour son fils de 9 ans d’ici Halloween (soit le 31 octobre), jusqu’à présent, l’Agence européenne des médicaments (EMA) et la Food and Drug Administration (FDA) américaine ont autorisé les vaccins de Pfizer/BioNTech et Moderna, basés sur la technologie de l’ARN messager, à partir de 12 ans seulement. 

Pour la vaccination des plus de 12 ans, l’Agence européenne du médicament avait donné son accord le 28 mai, soit moins de deux mois après les premiers résultats positifs annoncés par Pfizer/BioNTech. La France avait ensuite emboîté le pas, après consultation de la Haute autorité de Santé, et ouvert la vaccination aux adolescents le 15 juin. Soit trois mois après la publication des résultats par le laboratoire. Si le même scénario s’articule pour la vaccination des enfants de 5 ans à 11 ans, elle pourrait alors commencer d’ici trois mois environ, soit fin décembre, un an après la première dose injectée contre le Covid-19 en France. 

  • Que pourrait changer cette extension de la vaccination aux 5-11 ans ?

Sur la question de l’immunité collective, son seuil pourra être atteint plus facilement en intégrant, dans le schéma vaccinal, davantage de personnes, donc des enfants. « L’évolution prévisible de la pandémie vers un profil d’infection banale à recrudescence saisonnière peut être accélérée par l’immunité collective obtenue au moyen d’une vaccination universelle », soulignait ainsi l’Académie de médecine début septembre. 

Actuellement 58 millions de personnes peuvent se faire vacciner en France. Si la vaccination pour les 5-11 ans est approuvée, ce chiffre monterait à 64 millions, soit la quasi-totalité de la population française. 

Le variant Delta a toutefois mis un frein au rêve de mettre un terme définitif à la pandémie au moyen de la seule immunité collective. Les personnes vaccinées, très efficacement protégées contre les formes graves de la maladie, n’ont en effet qu’une protection partielle contre l’infection et la transmission. « Cela signifie que, même si 100% des Français recevaient les injections, le virus pourrait continuer à circuler à bas bruit, mais avec un impact moindre sur le système de santé », décrypte pour L’Express Simon Cauchemez, responsable des modélisations de l’Institut Pasteur et membre du conseil scientifique. Poursuivre la vaccination reste néanmoins essentiel pour développer la protection immunitaire et diminuer l’impact sur le système de santé. 

Y compris auprès des jeunes enfants ? Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les bénéfices d’une vaccination des moins de 12 ans ne sont pas encore prouvés. Ceux-ci sont considérés comme moins exposés au risque de développer une forme grave du Covid-19. Seules 46 personnes de moins de 9 ans sont actuellement hospitalisées dans l’Hexagone. Néanmoins, certains scientifiques craignent qu’avec la propagation du variant Delta, plus contagieux, des cas graves puissent apparaître même chez les plus jeunes.  

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L’argument a d’ailleurs été mis en avant par le PDG de Pfizer lui-même. En raison notamment de la diffusion du variant Delta, « depuis juillet, les cas pédiatriques de Covid-19 ont augmenté de 240% aux Etats-Unis, soulignant la nécessité d’une vaccination » des plus jeunes, a-t-il commenté lundi, voyant dans les dernières données publiées une « base solide pour les demandes d’autorisation ». 

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