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mercredi, septembre 28, 2022

Juliette Gréco s’expose à Ramatuelle et à Saint-Tropez

Deux hommages seront rendus à la muse de Saint-Germain, à partir du 29 juillet, dans les villages varois où elle a aimé vivre.

C’était il y a exactement 39 ans. En 1985, Juliette Gréco créée l’évènement en clôturant, par un concert, le premier Festival de Ramatuelle, présenté par Jean-Claude Brialy. Ce soir-là, elle se dit heureuse de retrouver une presqu’île liée aux souvenirs de ses jeunes années de carrière.

Elle l’a en effet découverte et fréquentée au début des années 1950, au temps où elle était la muse de Saint-Germain-des-Prés. Quelques jours plus tard, elle téléphone à Jacqueline Franjou, créatrice de ce rendez-vous désormais traditionnel. Elle veut acheter un terrain, et a décidé faire construire sa maison par l’architecte qui, en 44 jours, a transformé un champ en friches en ce théâtre à ciel ouvert de 700 places où elle a chanté. Elle promet de passer désormais le plus de temps possible à Ramatuelle.

Elle va tenir parole. Jusqu’à sa disparition le 23 septembre 2020, elle va mener, près du village, une existence particulièrement discrète. La presse n’a ainsi jamais évoqué son mariage à la mairie, avec Gérard Jouannest. À la fin d’une cérémonie intime, la chanteuse a en effet demandé au photographe présent de lui remettre la pellicule. Quelques minutes plus tôt, le couple avait dit « oui » à Jacqueline Franjou, conseillère municipale, donc habilitée à célébrer cette union.

En souvenir d’une amitié qui s’est poursuivie jusqu’à la fin, cette dernière a décidé de lui rendre hommage sous la forme de deux expositions estivales, à Saint-Tropez et Ramatuelle . Leurs titres, « Je suis comme je suis » et « Si tu t’imagines », rappellent deux de ses premiers succès, respectivement signés Jacques Prévert et Raymond Queneau.

Des souvenirs uniques

À partir du 28 juillet, place des Lices, une promenade dans un espace de 300 m2 permettra de découvrir, en particulier, la carrière de l’interprète et de la comédienne, au-delà de nos frontières. Josyane Savigneau et Micheline Pelletier ont organisé le parcours à partir de documents réunis par Jean-Philippe Card. Il collectionne, depuis des décennies, tout ce qui se rapporte à Gréco. Il est capable de vous raconter sa vie, dans ses moindres détails.

Des photos et des articles de journaux évoqueront, en particulier, des années 1960 où elle est devenue l’ambassadrice de la chanson française dans le monde. À cette époque, elle se définit comme un « produit d’exportation au même titre que le champagne, les parfums et la haute couture. ». Elle se produit ainsi chaque année, dans une dizaine de pays, parmi lesquels l’URSS et les États-Unis . Être tête d’affiche à Moscou ne l’empêche pas de donner des récitals au Carnegie Hall de New York, et dans de grandes universités américaines .

Au Japon, considérée comme un « symbole du charme de Paris », elle inaugure une rue et un café qui portent son nom. À Londres, elle est félicitée par la Reine-Mère Elizabeth, tandis qu’un soir, à Milan, la Callas lui avoue avoir discrètement enregistré son tour de chant, grâce à un petit magnétophone placé dans son sac.

Une robe sera également présentée dans cette exposition : elle l’a portée en 2016, à l’occasion d’un récital, à Paris, au Louvre : un clin d’œil à « Belphégor » dont la diffusion à la télévision en 1965, a vidé les salles de cinéma pendant quatre samedis d’affilée. Cet ensemble sera complété à Ramatuelle, dans un espace baptisé le Garage par des documents évoquant cette propriété de Ramatuelle qu’elle avait baptisé Maya. « Parce que je suis comme une abeille, disait-elle. Je butine mais je travaille tout le temps

» Si tu t’imagines. Place des Lices et salle Jean-Despas à Saint-Tropez. Du 29 juillet au 12 septembre

» Je suis comme je suis. Le Garage à Ramatuelle. Du 29 juillet au 11 août, pendant le Festival.

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