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mercredi, septembre 28, 2022

Europe spatiale : trois questions sur Quantum, le premier satellite commercial « flexible »

C’est un satellite qui pèse 3,5 tonnes. Il a été développé dans un partenariat public-privé entre l’Agence spatiale européenne (ESA), Eutelsat et Airbus Defence and Space, qui en a assuré la construction. Quantum, le premier satellite commercial « de télécommunications flexible », doit être mis en orbite par une fusée Ariane 5, dont le vol est prévu ce vendredi soir à Kourou (Guyane). 

  • Comment va se dérouler la mise en orbite ?

Le décollage du lanceur lourd est prévu entre 21 heures et 22h30 GMT, soit entre 23 heures et 0h30 à Paris, dans la nuit du 30 au 31 juillet, depuis le Centre spatial guyanais. La durée nominale de la mission (du décollage à la séparation des satellites) est de 36 minutes et 24 secondes. Il sera possible de suivre le lancement en direct, précise Ariannespace sur son site : rendez-vous sur arianespace.com ou sur la chaîne YouTube d’Arianespace (commentaires en anglais à partir d’environ H-30 minutes). 

La fusée emporte sous sa coiffe deux satellites pour le compte des opérateurs satellitaires Embratel, le plus important du Brésil et d’Amérique latine, et Eutelsat, l’un des leaders mondiaux du secteur. Si le premier, Star One D2, est un outil puissant mais classique, le deuxième, Quantum, sera le premier au monde à pouvoir moduler la zone de couverture et la puissance de ses faisceaux de télécommunications, quasiment en temps réel, et directement par le client. 

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Ariane 5 doit placer le satellite sur une orbite de transfert géostationnaire, à quelque 35 000 km d’altitude. De ce point fixe par rapport au sol, il couvrira pendant 15 ans une large zone géographique allant de l’Afrique de l’Ouest à l’Asie. 

  • Comment fonctionne Quantum ?

Les satellites de télécommunications « ordinaires » sont conçus au sol en fonction d’exigences de leurs clients, qui ne peuvent être modifiées une fois en orbite. Chacun des huit faisceaux de Quantum sera modulable, aussi bien en zone de couverture, qu’en puissance ou en fréquence, « en quelques minutes », via un logiciel mis à la disposition du client, selon Eutelsat. Un logiciel de paramétrage en fera « le premier satellite à être en mesure de s’adapter à tout moment aux besoins du client et desservir n’importe quelle région du globe », a expliqué l’ESA dans un communiqué. « Plutôt que d’effectuer une transmission par faisceau fixe, Quantum permettra aux utilisateurs de décider de l’orientation de leurs faisceaux », détaille l’agence publique (22 Etats membres). 

Cette souplesse d’utilisation permettra par exemple d’assurer une couverture mobile pour des avions, des navires, ou des services gouvernementaux, par exemple en cas de catastrophes naturelles ou d’évènements ponctuels. Elle ouvre aussi la voie à une production plus proche de la série des satellites, qui sont jusqu’ici des objets uniques.  

« Nous recherchons la flexibilité car lorsqu’un satellite est lancé, la demande et les marchés peuvent varier dans le temps. Un satellite qui n’est pas ‘figé’ et peut s’adapter aux clients permet d’avoir une perspective plus robuste », indiquait récemment Elodie Viau, directrice des télécommunications et des applications à l’ESA. 

A bord, une nouvelle antenne réseau dite « à commande de phase », le rendra capable de changer en temps réel de zone géographique, pour fournir telle ou telle région du monde en télécommunications, ou de se déplacer virtuellement pour suivre des avions ou des navires. La reconfiguration entre deux missions ne prendra que « quelques minutes », a détaillé Frédéric Piro, directeur de programme Eutelsat Quantum. 

Quantum sera aussi capable de géolocaliser l’origine de signaux « émis avec ou sans mauvaise intention et créant des interférences », par exemple quand des commandes adressées erronément à un satellite voisin perturbent les faisceaux de Quantum, a expliqué Elodie Viau. Ce dispositif permettra d’identifier l’origine du signal et ainsi d’intervenir pour y remédier au sol, mais aussi d’en minimiser l’impact en réduisant l’interférence. 

  • Pourquoi l’Europe spatiale est-elle à l’honneur ?

Cette opération met en lumière la communauté spatiale européenne, alors que le satellite Eutelsat Quantum a été développé dans le cadre d’un partenariat public-privé qui regroupe Eutelsat, Airbus et l’ESA. Airbus Defence and Space est le constructeur du satellite, Eutelsat, l’opérateur, exploite les ressources à bord du satellite et Arianespace est le lanceur. 

Le budget global s’élève à plus de 200 millions d’euros, dont près de 80 millions investis par l’ESA. Une responsable d’Eutelsat explique auprès de Ouest-France que l’ESA et « l’agence spatiale britannique ont financé un certain nombre d’innovations qui sont à bord du satellite Quantum ». 

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Arianespace rappelle, dans un communiqué « avoir déjà mis en orbite […] 35 satellites pour Eutelsat ». « Arianespace est un partenaire privilégié », dit-elle encore, avant d’ajouter qu’Eutelsat est un « membre de la communauté spatiale européenne à part entière, puisque près des 90% de ses satellites sont commandés auprès de Thalès Alenia Space et Airbus ». 

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